Rapport annuel de l'ASN 2009

397 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12 EDF envisage également de passer progressivement et à partir de 2010 d’une stratégie de maintenance curative à une stratégie de maintenance préventive en utilisant des procédés de nettoyages moins agressifs (nettoyages «doux»). Deux procédés sont en cours de qualification. Toutefois, malgré leur efficacité certaine pour diminuer les taux de colmatage des GV traités, l’ASN considère que ces procédés de nettoyage ne sont pas sans impact, que ce soit pour les structures internes des GV, particulièrement en ce qui concerne le lessivage à haute température, ou pour le faisceau tubulaire. Des signaux parasites, dont l’origine n’a pu être déterminée, peuvent apparaître, de manière aléatoire, lors des contrôles par courants de Foucault du faisceau tubulaire, tant à l’issue du nettoyage qu’après un cycle de fonctionnement. S’assurer de l’absence de risque vis-à-vis des tubes en anomalie de supportage Le 18 février 2008, une fuite du circuit primaire vers le circuit secondaire a été détectée sur le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Fessenheim. Cette fuite a pour origine la fissuration d’un tube en «anomalie de supportage». Cet événement a été classé au niveau 0 sur l’échelle INES. Lors du fonctionnement des réacteurs, les faisceaux tubulaires des GV sont soumis à des vibrations. Ces vibrations peuvent générer une fissuration circonférentielle par fatigue, dont l’évolution est très rapide. Afin de limiter l’amplitude de ces vibrations et prévenir ce type de dégradation, certains tubes sont maintenus dans leur partie supérieure par des barres anti-vibratoires. Au cours de la fabrication des GV, certaines de ces barres ont été mal positionnées, entraînant un défaut de maintien des tubes. Ces tubes sont appelés «tubes en anomalie de supportage». Deux ruptures de tubes de GV, ayant pour origine une fissuration par fatigue vibratoire de «tubes en anomalie de supportage», se sont produites à North Anna (USA) en 1987 et à Mihama (Japon) en 1991. À la suite de ces deux événements, l’ASN avait demandé à EDF, au début des années 1990, de définir un critère de sensibilité aux vibrations des tubes en anomalie de supportage et, en fonction de ce critère, d’obturer les tubes les plus sensibles. Depuis, pour les GV des trente-quatre réacteurs de 900MWe, environ 1500 tubes ont été obturés sur la base de ce critère. Cette démarche a été également mise en œuvre au niveau international par d’autres exploitants de réacteurs nucléaires. Après la découverte en 2008 d’une fuite à Fessenheim, l’ASN a demandé à EDF de boucher l’intégralité des tubes en anomalie de supportage du parc électronucléaire, et de reprendre les études sur la fatigue vibratoire pour expliquer l’échec des modèles prédictifs. EDF a ainsi bouché l’ensemble des tubes concernés sur le palier 900 MWe, soit près de 2500 tubes. En parallèle, la reprise des études thermohydrauliques et vibratoires a montré que certains paramètres n’avaient pas été suffisamment affinés. Par exemple, l’influence du colmatage et de l’encrassement des GV avait été sous estimée et la modélisation des générateurs de vapeur de Fessenheim 2 ne correspondait pas totalement à leur géométrie réelle. Concernant les réacteurs de 1300 MWe, les études corrigées ne montrent pas d’augmentation significative des coefficients caractérisant la sensibilité à la fatigue vibratoire. L’ASN a demandé à EDF de procéder, sur ces réacteurs, au bouchage des tubes les plus sensibles, considérant que certains des tubes présentaient des marges suffisantes pour prendre en considération une absence de risque à court terme. En revanche, un complément de justification doit être établi pour permettre le maintien en service à long terme de ces tubes sur le palier 1300 MWe, qui pourra s’appuyer non seulement sur des études, dont la reprise complète doit être transmise à l’ASN fin 2010, mais aussi sur des contrôles. Pour le palier N4, les conditions de circulation du fluide secondaire permettent de conserver les GV dans un état de propreté offrant à court terme des garanties sur l’absence de facteurs aggravants de type colmatage ou encastrement. Pour ce palier, comme pour le palier 1300 MWe, l’ASN attend les conclusions de la reprise des études pour se prononcer sur la stratégie à long terme d’EDF face au phénomène de fatigue vibratoire des tubes. Assurer la bonne tenue des bouchons Dans le cadre des opérations de maintenance réalisées sur les générateurs de vapeur des réacteurs nucléaires, EDF procède au bouchage de certains tubes de générateurs de vapeur qui présentent des défauts. Installation des équipements lors du nettoyage chimique des générateurs de vapeur

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