Rapport annuel de l'ASN 2009

396 – il constitue un paramètre déterminant dans l’apparition de vibrations excessives des tubes dans certaines zones des GV. Ces vibrations peuvent conduire au développement rapide de fissures. EDF a ainsi bouché préventivement une zone de cinquante-huit tubes dans les GV potentiellement touchés par le phénomène; – il peut induire des efforts mécaniques importants sur les structures internes des GV, notamment dans certaines situations d’incident ou d’accident; – il entraîne une diminution du taux de circulation de l’eau dans les GV et donc, pour un même niveau d’eau mesuré, une réduction de la quantité d’eau disponible à l’intérieur du GV. Des phénomènes d’oscillations du niveau d’eau peuvent également apparaître dans les GV dans certaines situations de fonctionnement si le taux de colmatage est élevé. Le phénomène de colmatage des GV a été mis en évidence à la suite d’un événement significatif classé au niveau 1 sur l’échelle INES survenu en février 2006 sur le réacteur4 de Cruas-Meysse. Une fissure s’est développée sur un tube d’un GV en quelques mois, jusqu’à provoquer une fuite. Depuis cet événement et à la demande de l’ASN, qui considérait que ce phénomène était susceptible de concerner d’autres réacteurs, EDF a développé et réalisé des contrôles sur certains GV des réacteurs de 900 MWe lors de leur arrêt pour maintenance et rechargement en combustible. Des taux de colmatage importants ont été observés sur plusieurs réacteurs sans que cela ait été anticipé par EDF. Sur les plaques entretoises supérieures de certains d’entre eux, ce taux a pu atteindre 80% de la surface des espaces aménagés pour laisser passer l’eau. Ce phénomène étant susceptible d’affecter des réacteurs de 1300 MWe, l’ASN a également demandé à EDF d’étendre les contrôles aux GV concernés. Si, dans un premier temps, EDF a donné des estimations du taux de colmatage fondées sur l’évolution de certains paramètres de fonctionnement, il dispose depuis 2008 de moyens d’investigation permettant d’évaluer plus précisément le taux de colmatage de ses GV. Les GV de l’ensemble des réacteurs potentiellement affectés par ce phénomène sont donc contrôlés au cours des arrêts pour rechargement. Si l’état d’un réacteur ne permet pas une exploitation en toute sûreté, EDF doit le remettre en conformité. Pour répondre aux demandes de l’ASN, EDF a complété ses études pour ce qui concerne l’impact du phénomène de colmatage sur la sûreté des réacteurs de 900 MWe et de 1300 MWe. L’ASN évalue avec l’IRSN les justifications apportées par EDF sur la compréhension du phénomène de colmatage et sur la sûreté du fonctionnement de l’ensemble des réacteurs à long terme. En parallèle, EDF établit une stratégie de traitement pérenne de cette problématique. Par ailleurs, l’ASN a demandé à EDF de proposer des solutions pour limiter l’apparition et le développement des dépôts d’oxydes. Un procédé de traitement: le nettoyage chimique des générateurs de vapeur Pour éliminer les dépôts d’oxydes métalliques contribuant au colmatage des générateurs de vapeur, EDF a choisi un procédé de nettoyage chimique destiné à être mis en œuvre à titre curatif sur quinze réacteurs identifiés comme étant les plus colmatés. Un premier procédé consistant à injecter dans la partie secondaire du générateur de vapeur une solution chimique à haute température (160 °C) a été utilisé pour la première fois en 2007 sur le réacteur 4 de Cruas-Meysse; ce procédé s’est révélé efficace puisqu’il a réduit le niveau de colmatage jusqu’à une valeur d’environ 15% en conduisant cependant à une corrosion plus importante que prévu de certains matériaux constitutifs du GV, sans toutefois nuire à l’intégrité de l’équipement. Le pilotage global de ce procédé s’est révélé délicat et a été amélioré au fur à mesure des mises en œuvre suivantes. En raison des difficultés rencontrées lors de l’utilisation de ce procédé, EDF s’est orientée vers une deuxième méthode opérant à plus basse température (inférieure à 100 °C) et qui a été utilisée en 2008 sur deux réacteurs du palier 900MWe (Cruas 2 et 3) et un réacteur du palier 1300MWe (Belleville 1). L’utilisation de ce procédé, qui intervient lorsque le cœur du réacteur est déchargé, présente un pilotage plus aisé et a permis de rester à des niveaux de corrosion des aciers au carbone six à huit fois plus faible tout en minimisant le rejet d’effluents gazeux produits, en particulier l’ammoniac. EDF a donc poursuivi son programme de nettoyage curatif sur la base de ce procédé sur trois réacteurs en 2009 (Cattenom 1, Cattenom 3 et Chinon B3). Trois autres réacteurs seront traités en 2010 et 2011(Cattenom 4, Belleville 2 et Cattenom 2). Colmatage des plaques entretoises

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