Rapport annuel de l'ASN 2009

393 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12 3⎮ 4 ⎮ 1 Faire surveiller et contrôler les circuits L’ASN s’assure que l’exploitant exerce une surveillance et un entretien appropriés des circuits primaire et secondaires principaux. Pour cela, l’exploitant établit des programmes de surveillance qui sont soumis à l’ASN. À la suite de l’examen de ces documents, des demandes peuvent être formulées par l’ASN. L’exploitant est tenu de les prendre en compte. En complément de ces examens documentaires, l’ASN réalise des inspections thématiques sur la maintenance des équipements, notamment à l’occasion des arrêts de réacteur. L’ASN examine également les résultats des contrôles transmis à la fin de chaque arrêt. En complément de la surveillance exercée lors de chaque arrêt par l’exploitant sur ses circuits, l’ASN contrôle tous les dix ans, lors des requalifications périodiques, le bon état de ces appareils. La requalification périodique comporte trois phases distinctes: la visite de l’appareil qui est constituée de nombreux examens non destructifs, l’épreuve hydraulique sous pression et la vérification du bon état et du bon fonctionnement des accessoires de protection contre les surpressions. La requalification du circuit primaire a lieu lors des visites décennales, arrêts longs de plusieurs mois qui sont l’occasion de réaliser un volume de maintenance et de contrôles important permettant de s’assurer du bon état des équipements. Au cours de l’année 2009, six circuits primaires principaux ont fait l’objet d’une requalification périodique. Il s’agit des réacteurs de Belleville 2, Chinon B3, Nogent 1, Tricastin 1, Fessenheim 1 et Chooz B2. 3⎮ 4 ⎮ 2 Surveiller les zones en alliage à base de nickel Plusieurs parties des réacteurs à eau sous pression sont fabriquées en alliage à base de nickel: tubes, cloison et revêtement côté primaire de la plaque tubulaire pour les GV, adaptateurs de couvercle, pénétrations de fond de cuve, soudures des supports inférieurs de guidage des internes de cuve et zones réparées des tubulures pour la cuve. La résistance de ce type d’alliage à la corrosion généralisée ou par piqûres justifie son emploi. Cependant, dans les conditions de fonctionnement des réacteurs, l’un des alliages retenus, l’Inconel 600, s’est révélé sensible au phénomène de corrosion sous contrainte. Ce phénomène particulier se produit en présence de sollicitations mécaniques importantes. Il peut conduire à l’apparition de fissures, parfois rapidement comme observé sur les tubes de GV dès le début des années 1980 ou sur les piquages d’instrumentation des pressuriseurs des réacteurs de 1300 MWe à la fin des années 1980. L’ASN a demandé à EDF d’adopter une approche globale de surveillance et de maintenance pour les zones considérées. Plusieurs zones du circuit primaire en alliage Inconel 600 font ainsi l’objet d’un contrôle particulier. Pour chacune d’elles, le programme de contrôle en service, défini et mis à jour annuellement par l’exploitant, doit répondre à des exigences portant sur les objectifs et la périodicité des contrôles. En outre, les GV et les couvercles de cuve font l’objet d’un programme de remplacement important (voir point 3⏐4⏐4). En 2004, des fissures imputées à la corrosion sous contrainte ont été observées sur la cloison d’un GV qui sépare la branche chaude de la branche froide, pour la circulation du fluide primaire, dans la partie basse du GV. La prise en compte du retour d’expérience international et la découverte de fissures sur cette partie du GV qui était considérée a priori par EDF comme non sensible à ce type de dégradation, ont conduit l’ASN à demander à EDF d’adapter sa stratégie globale de maintenance des zones en Inconel 600 pour prendre en compte ces dégradations. Ainsi, l’ensemble des GV équipés d’une cloison en alliage Inconel 600 sera contrôlé avant les troisièmes visites décennales des réacteurs. Des contrôles réalisés en 2007 avaient révélé des indications de fissuration sur 2 GV; des contrôles de suivi ont été réalisés en 2008 et n’ont montré aucune variation significative. Les contrôles réalisés en 2009 sur 9 cloisons GV n’ont pas mis en évidence de nouvelles indications de fissuration par corrosion sous contrainte. Les contrôles de suivi de ces indications se poursuivront en 2010. Au 31 décembre 2009, 92 GV ont été contrôlés. Contrôle des tuyauteries par l’inspecteur de l’ASN lors de l’épreuve hydraulique du circuit primaire à Cattenom (Moselle) – Juin 2008

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