Rapport annuel de l'ASN 2009

392 – le caractère suffisant des directives internes d’EDF relatives à l’exclusion des corps étrangers dans les circuits. Le 9 août 2009, un incident de blocage d’un assemblage de combustible MOX sur les structures internes supérieures a eu lieu lors des opérations de déchargement du cœur du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Gravelines. L’ASN a mené une inspection réactive le 10 août 2009 sur le site afin d’examiner la gestion par EDF de l’événement et les dispositions mises en place pour en limiter les conséquences éventuelles. Les opérations successives de sécurisation de l’assemblage, de désolidarisation, puis d’extraction des structures internes supérieures ont été réalisées le 2 septembre 2009 et ont permis le déchargement de l’assemblage et du reste du cœur de manière satisfaisante. Le 6 novembre 2009, un incident similaire s’est à nouveau produit sur le réacteur 2 du Tricastin. Une inspection réactive a été menée le 7 novembre 2009. Un outil de sécurisation similaire à celui développé pour Gravelines a été utilisé au Tricastin. Ces deux événements n’ont pas conduit à des rejets à l’intérieur ou à l’extérieur de l’enceinte de confinement du bâtiment réacteur et le refroidissement des assemblages a toujours été assuré. Les événements ont été classés au niveau 1 sur l’échelle INES à Gravelines comme au Tricastin. 3⎮ 4 Exercer un contrôle approfondi sur les circuits primaire et secondaires Les circuits primaire et secondaires principaux (CPP et CSP) des réacteurs, regroupés sous le terme de «chaudière» et présentés au point 1⏐1⏐3, sont des appareils fondamentaux d’un réacteur. Fonctionnant à haute température et haute pression et contribuant à toutes les fonctions fondamentales de sûreté – confinement, refroidissement, contrôle de la réactivité – ils font l’objet d’une surveillance et d’une maintenance poussées de la part d’EDF ainsi que d’un contrôle approfondi de la part de l’ASN. La surveillance de l’exploitation de ces circuits est réglementée par l’arrêté du 10 novembre 1999, cité au chapitre 3, point 3⏐6. D’une manière générale, l’ASN estime que l’état des CPP et CSP du parc de réacteurs français n’inspire pas d’inquiétude à court terme mais que les phénomènes de vieillissement et de dégradation connus doivent être pris en compte et faire l’objet de mesures appropriées, principalement lors de la préparation et de la réalisation des troisièmes visites décennales des réacteurs de 900 MWe. Les nouvelles dégradations et anomalies apparues depuis 2006, sur les générateurs de vapeur sont traitées au point 3⏐4⏐4. Incident par blocage d’assemblages de combustible aux internes supérieurs Afin de permettre l’accès aux assemblages de combustible pour procéder aux opérations de déchargement du cœur des réacteurs à l’issue de chaque cycle de fonctionnement, la cuve est ouverte puis les structures internes supérieures sont retirées. Celles-ci assurent notamment le bon positionnement des assemblages de combustible en cœur et leur maintien lors de l’exploitation des réacteurs. Cependant, il arrive qu’un ou des assemblages de combustible peuvent rester accrochés aux pions de centrage des équipements internes supérieurs. Le risque de chute de l’assemblage dans la cuve ou sur les assemblages disposés autour peut entraîner une perte du confinement de certains crayons de combustible et d’éventuels rejets radioactifs dans le bâtiment réacteur. En cas d’incident, la solution technique définie par l’exploitant pour sécuriser et récupérer les assemblages accrochés fait l’objet d’une analyse par l’ASN et son appui technique, ainsi que d’une qualification éventuelle sur une maquette de taille réelle, avant que soit délivré l’accord de l’ASN à la mise en œuvre des modifications nécessaires pour procéder aux opérations de sécurisation du ou des assemblages.

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