Rapport annuel de l'ASN 2009

311 CHAPITRE LES UTILISATIONS NON MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS 10 L’industrie, la recherche mais aussi de nombreux autres secteurs utilisent depuis longtemps des sources de rayonnements ionisants dans une grande variété d’applications et de lieux d’utilisation. L’enjeu de la réglementation relative à la radioprotection est de contrôler que, malgré cette grande diversité, la sécurité des travailleurs, du public et de l’environnement est correctement assurée. Cette sécurité passe notamment par la maîtrise de la gestion des sources et par le suivi de leurs conditions de détention, d’utilisation et d’élimination depuis leur fabrication jusqu’à leur fin de vie. Elle passe également par la responsabilisation et le contrôle d’acteurs centraux: les fabricants et les fournisseurs des sources. Les sources de rayonnements mises en œuvre proviennent soit de radionucléides – essentiellement artificiels – en sources scellées ou non, soit d’appareils électriques générant des rayonnements ionisants. Les applications présentées dans ce chapitre concernent les activités non médicales (présentées dans le chapitre 9) et les activités ne relevant pas d’installations nucléaires de base (présentées dans les chapitres 12, 13 et 14). En revanche, toutes les autres applications sont concernées. Les principaux secteurs d’activités sont présentés ci-après. 1⎮ 1 Les sources radioactives scellées Parmi les principales utilisations des sources radioactives scellées (sources dont la structure ou le conditionnement empêche, en utilisation normale, toute dispersion de matières radioactives dans le milieu ambiant), on peut citer les suivantes. 1⎮ 1⎮ 1 L’irradiation industrielle Elle est mise en œuvre pour la stérilisation de dispositifs médicaux, de produits pharmaceutiques ou cosmétiques et la conservation de produits alimentaires. À faible dose, l’irradiation sert à inhiber la germination (pommes de terre, oignons, ail, gingembre), à désinsectiser et déparasiter les céréales, les plantes légumineuses, les fruits frais et secs, les poissons et viandes, à ralentir le processus physiologique de décomposition des fruits et légumes frais. À dose moyenne, l’ionisation par irradiation permet la prolongation de la conservation des poissons frais, des fraises, l’élimination des agents d’altération et des microorganismes pathogènes sur les fruits de mer, les volailles et viandes (produits frais ou congelés), et l’amélioration technique des aliments, par exemple l’augmentation du rendement en jus du raisin ou la diminution de la durée de cuisson des légumes déshydratés. À forte dose, l’ionisation permet la stérilisation industrielle des viandes, volailles et fruits de mer, des aliments prêts à l’emploi, des rations hospitalières, et la décontamination de certains additifs et ingrédients alimentaires comme les épices, les gommes, les préparations d’enzymes. L’irradiation est également un moyen utilisé afin de modifier volontairement les propriétés de matériaux, par exemple pour le durcissement des polymères. Ces techniques d’irradiation de produits de consommation peuvent être autorisées car, à l’issue de leur traitement, ces produits ne présentent aucune radioactivité artificielle ajoutée. Les irradiateurs industriels utilisent des sources de cobalt 60 dont l’activité totale peut dépasser 250000 TBq. Certaines de ces installations sont classées installations nucléaires de base (INB). 1⎮ 1⎮ 2 Le contrôle non destructif Parmi les techniques de contrôle non destructif, l’une d’elles utilise des sources radioactives. Il s’agit de la gammagraphie, qui permet d’apprécier des défauts d’homogénéité dans le métal et en particulier dans les cordons de 1 PRÉSENTATION DES ACTIVITÉS NON MÉDICALES UTILISANT DES RAYONNEMENTS IONISANTS Appareil de gammagraphie – CEGELEC – et ses accessoires (télécommande, gaine d’éjection, embout d’irradiation)

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