Le technétium 99m, qui est le radionucléide utilisé dans environ trois quarts des examens de médecine nucléaire (cf. tableau 1), est produit par désintégration radioactive du molybdène 99, dans un générateur, d’où il est élué par du sérum physiologique. La forme chimique de ce technétium 99m, sa courte période radioactive (6 heures) et la faible énergie de son rayonnement gamma en font l’un des radionucléides les plus utilisés en médecine nucléaire et l’un des moins irradiants pour le patient. L’activité administrée à un patient pour un examen est généralement de l’ordre de quelques centaines de mégabecquerels (MBq). En juin 2009, la survenue d’une nouvelle période de tension importante sur l’approvisionnement en technétium99m a conduit les autorités de santé (AFSSAPS et DHOS) à réactiver le suivi de l’approvisionnement des 220 centres de médecine nucléaire. Ce suivi permet l’identification de deux seuils critiques pour la couverture des besoins sanitaires pour la réalisation des examens prioritaires: réception d’une activité nominale inférieure à 2 GBq par semaine et/ou moins de 30% de l’activité commandée. Pendant cette période de fortes tensions, il est recommandé de: – privilégier l’optimisation de la programmation des examens; –respecter les situations définies comme prioritaires pour l’utilisation des quantités résiduelles disponibles en technétium-99m ; –d’envisager les alternatives identifiées et recommandées pour les scintigraphies myocardique et osseuse. Six situations ont été identifiées avec les professionnels comme prioritaires: – la détection per opératoire d’envahissement ganglionnaire en cas de cancer (ganglion sentinelle); –la recherche d’embolie pulmonaire chez la femme enceinte; –les patients ayant une contre-indication aux produits de contraste radiologiques; –la recherche préopératoire de glandes hyperfonctionnelles en cas d’hyperparathyroïdie; –les examens de médecine nucléaire pédiatriques dans leur ensemble; – la néphrectomie (totale ou partielle) à réaliser en urgence. Les techniques d’imagerie alternatives aux scintigraphies myocardique et osseuse recommandées sont issues du guide de bon usage des examens d’imagerie médicale (www.sfmn.org ou www.sfr-radiologie.asso.fr). 2⎮ 1⎮ 5 Les nouveaux traceurs en médecine nucléaire Depuis quelques années, des recherches visant à la mise au point de nouveaux traceurs radioactifs se développent en France et dans le monde. Elles concernent principalement la tomographie par émission de positons (TEP) et la radiothérapie interne vectorisée. En 2009, les essais cliniques relatifs à l’utilisation de divers traceurs au fluor 18 en TEP et d’anticorps marqués par l’yttrium 90 en radiothérapie interne vectorisée se sont poursuivis. L’utilisation de nouveaux radiopharmaceutiques en médecine nucléaire nécessite d’intégrer le plus en amont possible les exigences de radioprotection associées à leur utilisation. En effet, compte tenu des activités mises en jeu, des caractéristiques des radionucléides et des protocoles connus de préparation et d’administration, l’exposition des opérateurs, en particulier au niveau de leurs mains, pourrait atteindre ou dépasser les limites de doses fixées par la réglementation. L’ASN a engagé, outre le rappel des exigences réglementaires, des actions de sensibilisation, notamment en incitant au développement de systèmes automatisés de préparation et/ou d’injection de ces produits radioactifs. 2⎮ 2 Règles d’aménagement et de fonctionnement d’un service de médecine nucléaire Compte tenu des contraintes de radioprotection liées à la mise en œuvre de radionucléides en sources non scellées, les services de médecine nucléaire doivent être conçus et organisés pour recevoir, stocker, préparer puis administrer aux patients des sources radioactives non scellées ou les manipuler en laboratoire (cas de la radio-immunologie). Des dispositions sont également à prévoir pour la collecte, l’entreposage et l’élimination des déchets et effluents radioactifs produits dans l’installation. Sur le plan radiologique, le personnel est soumis à un risque d’exposition externe, en particulier au niveau des doigts, du fait de la manipulation de solutions parfois très actives (cas du fluor 18, de l’iode 131 ou de l’yttrium 90 9 CHAPITRE LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS 293 Cyclotron Arronax de Nantes (Loire-Atlantique)
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