Parmi les lésions qui subsistent, celles de l’ADN revêtent un caractère particulier car les anomalies résiduelles d’ordre génétique peuvent être transmises par divisions cellulaires successives à de nouvelles cellules. Une mutation génétique est encore loin d’une transformation en cellule cancéreuse, mais la lésion due aux rayonnements ionisants peut constituer une première étape vers la cancérisation. La suspicion d’un lien de causalité entre la survenue d’un cancer et une exposition aux rayonnements ionisants remonte au début du XXe siècle (observation d’un cancer de la peau sur radiodermite). Depuis, plusieurs types de cancers ont été observés en milieu professionnel, dont les leucémies, les cancers broncho-pulmonaires primitifs par inhalation de radon et les sarcomes osseux. Hors du domaine professionnel, le suivi d’une cohorte d’environ 85000 personnes irradiées à Hiroshima et Nagasaki a permis de faire le point sur l’induction et la mortalité par cancer après exposition aux rayonnements ionisants. D’autres travaux épidémiologiques, en radiothérapie notamment, ont permis de mettre en évidence chez les patients traités par radiothérapie une augmentation statistiquement significative des cancers secondaires imputables aux rayonnements ionisants. Citons également l’accident de Tchernobyl qui, du fait des iodes radioactifs rejetés, a provoqué dans les régions proches du lieu de l’accident un excès de cancers de la thyroïde de l’enfant. L’apparition des effets cancérogènes n’est pas liée à un seuil de dose, et seule une probabilité d’apparition peut être énoncée pour un individu donné. C’est le cas de la survenue des cancers radio induits. On parle alors d’effets probabilistes, stochastiques ou aléatoires. Établis au plan international, les objectifs sanitaires de la radioprotection visent à éviter l’apparition des effets déterministes, mais aussi à réduire les probabilités d’apparition de cancers radio-induits. 1⎮ 2 L’évaluation des risques liés aux rayonnements ionisants La surveillance des cancers est organisée autour de plusieurs registres départementaux (10 registres départementaux qualifiés couvrant 11 départements soit environ 15% 44 Leucémies de l’enfant Après la publication de l’étude allemande sur la survenue de leucémies de l’enfant autour des centrales nucléaires fin 2007 et la synthèse de l’IRSN des études épidémiologiques déjà publiées sur ce sujet, l’ASN a mis en place fin 2008 un groupe de réflexion chargé de porter une appréciation sur les connaissances disponibles sur le risque de leucémies pour les enfants vivant au voisinage des installations nucléaires de base. À partir d’un état des lieux des causes possibles de leucémies chez l’enfant, le groupe est également chargé de proposer les études et recherches nécessaires pour améliorer l’état des connaissances disponibles. Le groupe à caractère pluraliste associe des experts scientifiques notamment dans les domaines de la médecine, de l’épidémiologie et de la radioprotection et des personnalités susceptibles d’enrichir les débats de par leur expérience personnelle. La participation d’experts et de personnalités étrangères est également acquise. Un rapport d’étape est attendu début 2010. Plan cancer 2009-2013 établi par le Professeur Jean-Pierre Grünfeld
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