343 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12 Ces documents opératoires sont élaborés à partir des règles de conduite en cas d’incident et d’accident qui constituent le chapitre VI des RGE. La mise en œuvre ou la modification de ces documents doivent être déclarées à l’ASN. Au cours de l’année 2008, l’ASN a poursuivi l’examen de modifications des règles de conduite pour les réacteurs nucléaires en exploitation proposées par EDF et a donné notamment son accord à la mise en application: –des dossiers traitant de la simplification de l’utilisation du niveau d’eau dans la cuve pour chacun des paliers de réacteurs nucléaires; –des dossiers liés aux visites décennales (VD) pour chacun des paliers de réacteurs nucléaires. Certaines modifications des procédures APE découlent de modifications matérielles qui seront intégrées lors des VD, d’autres sont issues du retour d’expérience d’exploitation ou répondent à des demandes de l’ASN en vue de l’amélioration de la sûreté. Dans la continuité du projet «conduite en cas d’incident ou d’accident» (CIA), l’ASN a instruit en 2008 les travaux relatifs au traitement des pertes partielles électriques pour le palier CPY. Enfin, l’ASN et son appui technique ont travaillé avec EDF sur une refonte du chapitre VI des RGE. Ce travail a permis d’aboutir à une harmonisation entre les différents chapitres des RGE et à une homogénéité des chapitres VI des RGE des différentes centrales nucléaires. Des inspections sur le thème de la conduite en cas d’incident ou d’accident ont lieu régulièrement. Au cours de ces inspections, sont notamment examinées la gestion des documents de conduite du chapitre VI (déclinaison des documents nationaux de référence en documents locaux, reproduction, diffusion…), la gestion des matériels spécifiques utilisés en conduite accidentelle, ainsi que la formation des agents de conduite. Au vu des inspections réalisées en 2008, l’ASN considère que l’appropriation par les sites des règles de conduite en cas d’incident ou d’accident est, de manière générale, satisfaisante. La conduite des réacteurs en cas d’accident grave Dans le cas où, à la suite d’un incident ou d’un accident, la conduite du réacteur ne permettrait pas de le ramener dans un état stable et où le scénario engendré par une succession de défaillances conduirait à une détérioration du cœur, le réacteur entrerait dans une situation dite d’accident grave. Face à de telles situations, très hypothétiques, diverses mesures sont prises pour permettre aux opérateurs, soutenus par les équipes de crise, de gérer la conduite du réacteur et d’assurer le confinement des matières radioactives afin de minimiser les conséquences de l’accident. Les équipes de crise peuvent notamment s’appuyer sur le guide d’intervention en accident grave (GIAG). En 2006, EDF a terminé la déclinaison du GIAG en documents opératoires sur l’ensemble des réacteurs. Les documents produits sont destinés à l’usage des équipes de conduite, de l’astreinte de la centrale nucléaire et des équipes locale et nationale de crise. Le GIAG et ses évolutions sont en cours d’instruction par l’ASN et son appui technique. Le GPR a examiné le 27 novembre 2008 l’évolution des travaux consacrés aux accidents graves, en particulier le référentiel d’EDF relatif aux accidents graves, les options de conduite relatives à l’injection d’eau, l’utilisation du dispositif de filtration des rejets et le risque de colmatage des puisards. L’ASN a également participé en juillet 2008 à Paris à un échange avec l’AIEA au sujet du projet de guide sur la gestion des accidents graves. 3⎮ 2 La maintenance et les essais 3⎮ 2⎮ 1 Les pratiques de maintenance Depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, EDF s’est engagé dans une politique de réduction des volumes de maintenance. Son objectif est de renforcer la compétitivité des réacteurs du parc nucléaire tout en maintenant le niveau de sûreté. Il s’agit essentiellement de recentrer les opérations de maintenance sur les équipements dont la défaillance présente des enjeux forts en termes de sûreté, de radioprotection ou d’exploitation. Cette politique a conduit EDF à faire évoluer son organisation et à adopter de nouvelles méthodes de maintenance (optimisation de la maintenance par la fiabilité, maintenance conditionnelle et maintenance par matériels témoins). EDF a développé, comme c’est déjà le cas dans l’industrie aéronautique et militaire, la méthode dite «d’optimisation de la maintenance par la fiabilité». Cette méthode permet, à partir de l’analyse fonctionnelle d’un système donné, de définir le type de maintenance à réaliser en fonction de la contribution de ses modes de défaillance potentiels aux enjeux de sûreté, de radioprotection ou d’exploitation. Par ailleurs, tirant profit de la standardisation des réacteurs nucléaires («l’effet parc»), EDF déploie le concept de maintenance par «matériels témoins». Cette maintenance est fondée sur la constitution de familles techniques homogènes de matériels semblables, exploités de la même manière dans toutes les centrales nucléaires du parc. Pour EDF, la sélection et le contrôle approfondi d’un nombre réduit de ces matériels, jouant alors le rôle de matériels
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