Rapport annuel de l'ASN 2008

341 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12 réacteurs actuels, l’ASN considère toutefois qu’il est prématuré de chercher à fixer dès aujourd’hui les objectifs de sûreté à atteindre pour des réacteurs ayant vocation à être commercialisés dans plusieurs décennies. Aussi, afin d’être en mesure de définir, le moment venu, les objectifs de sûreté à atteindre pour ces futurs réacteurs industriels, l’ASN a engagé en 2008 un groupe de travail en lien avec l’IRSN pour examiner les axes de recherche et de développement relatifs à la sûreté de ces nouveaux réacteurs ainsi que les raisons conduisant les concepteurs à retenir ces axes parmi d’autres. Si les premières réflexions engagées dans ce cadre portent sur les perspectives de sûreté de la filière RNR-Na mise en avant par le CEA pour son projet de prototype industriel, l’ASN souhaite exercer en parallèle avec l’appui de l’IRSN une veille sur la sûreté des autres filières afin de maintenir à ce stade un débat ouvert sur les objectifs de sûreté de la prochaine génération de réacteurs industriels. 2⎮ 6 La recherche en sûreté nucléaire et en radioprotection La recherche fondamentale et appliquée est l’une des clés du progrès de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, à plusieurs titres: –le développement et la validation de solutions techniques innovantes permettent l’émergence de produits ou de procédés nouveaux pour l’exploitation et la maintenance; ces solutions remplacent des techniques ou des modes d’intervention offrant un degré de protection moindre; –certains travaux de recherche visent à mieux connaître les risques, ce qui permet de mieux orienter les mesures de protection, voire de mettre en lumière des risques jusque-là mal évalués: c’est par exemple le cas des expériences sur le phénomène de colmatage des puisards ou des études de comportements individuels ou collectifs dans des situations de stress permettant de mieux apprécier le rôle des facteurs organisationnels et humains; –la recherche permet de développer des compétences pointues dans le domaine de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, contribuant ainsi à la formation d’un vivier de spécialistes. La recherche en sûreté nucléaire et en radioprotection nécessite fréquemment le recours à la modélisation de systèmes complexes (les installations, les phénomènes physico-chimiques mis en jeu…): le développement de codes de calculs de plus en plus sophistiqués et faisant appel à des ressources informatiques toujours croissantes et en constante évolution doit être maîtrisé, depuis l’établissement de l’expression des besoins jusqu’à la validation de l’outil. L’ASN est attentive à cette phase de validation, afin que les démonstrations de l’exploitant ou l’expertise des appuis techniques soient fondées sur des méthodes ou des résultats scientifiquement éprouvés. La connaissance des derniers résultats de la recherche et des questions qui restent encore sans réponse permet aux organismes de contrôle de mesurer le degré de réalisme de leurs demandes. Ainsi l’ASN se tient-elle informée des travaux de recherche pour accroître la pertinence de ses demandes. Par ailleurs, la capacité des organismes de contrôle, ou des experts sur lesquels ils s’appuient, à orienter des recherches leur permet de s’interroger sur des questions de sûreté que l’on croyait résolues: c’est ainsi que l’interprétation d’expériences menées par l’IRSN a permis de réexaminer le risque de colmatage des puisards. En outre, si cette connaissance de l’état de l’art de la recherche est importante dans le cadre des discussions internationales entre organismes de sûreté lors de la confrontation de nos actions en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection, elle est essentielle dans le cadre de la contribution de l’ASN et de l’IRSN à l’élaboration des recommandations des guides de l’AIEA. Il importe également que les exploitants contribuent significativement à l’effort de recherche en sûreté nucléaire et en radioprotection et en utilisent les résultats pour faire progresser le niveau de sûreté de leurs installations. L’ASN a ainsi demandé à EDF de lui communiquer annuellement ses budgets et effectifs alloués à la recherche, de manière à en examiner les évolutions. L’ASN constate aujourd’hui que le budget consacré par EDF dans ce domaine reste à un niveau élevé, même s’il a connu une légère diminution pendant quelques années. Elle observe également avec satisfaction que la recherche en sûreté nucléaire et en radioprotection, tant sur les aspects technologiques que des facteurs humains et organisationnels, reste alimentée par plusieurs moteurs : –les projets de nouveaux réacteurs: les travaux de recherche lancés pour le réacteur EPR ont conduit au développement de solutions nouvelles, dont certaines pourront être mises en œuvre sur les réacteurs existants ; –la volonté des industriels d’améliorer les performances de leurs outils: à titre d’exemple, le souhait d’EDF d’augmenter les performances des combustibles nucléaires a notamment conduit au lancement de travaux sur les céramiques d’oxyde d’uranium, les matériaux de gainage des assemblages de combustible et les codes de calcul. Ces travaux permettent aussi d’approfondir les connaissances et, dans certains cas, de faire progresser la sûreté, par exemple en améliorant les méthodes d’étude d’accidents;

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