60 La surveillance des expositions mérite un effort particulier dans le but de mieux identifier les catégories ou groupes de populations les plus exposés. L’intérêt est triple: cette connaissance doit permettre de mieux cibler les efforts de réduction des risques (optimisation), de disposer d’indicateurs fiables pour évaluer l’efficacité de la politique publique et de développer des enquêtes épidémiologiques pour mieux approcher le risque. Ainsi: –le bilan des doses reçues par les travailleurs en 2006, publié par l’IRSN, confirme la diminution du nombre de travailleurs surveillés dont la dose annuelle a dépassé 20 mSv, ainsi que la diminution de la dose collective initiées à partir de 1996. Cependant, ce bilan ne prend pas en compte la dosimétrie interne et la dosimétrie des extrémités qui ne sont actuellement pas comptabilisées par l’IRSN. L’ASN, chargée d’organiser la veille permanente en radioprotection, reste particulièrement attentive au bon fonctionnement du système de surveillance des expositions mis en place par l’IRSN (SISERI) dans la mesure où les statistiques fournies constituent des indicateurs nationaux de premier ordre sur l’évolution de l’exposition des travailleurs et l’évaluation de l’efficacité des mesures prises par l’exploitant pour l’application du principe d’optimisation; –l’exposition de la population française au radon demeure encore insuffisamment documentée puisque les estimations réalisées par l’IRSN en 1997 n’ont jamais été réactualisées, et qu’elles ne prennent pas en compte les mesures réalisées depuis 1999 dans les lieux ouverts au public. La perspective d’une base de données nationale regroupant toutes les données disponibles, en cours de construction sous l’égide de la Direction générale de la santé, constitue pour l’ASN une étape nécessaire pour mieux appréhender le risque ; –enfin, l’ASN souhaite que les premiers travaux réalisés depuis 2003 pour mieux connaître les doses délivrées aux patients lors des examens médicaux soient poursuivis et intensifiés afin de disposer d’indicateurs pertinents pour évaluer les efforts réalisés par les professionnels pour optimiser les expositions dans le domaine de l’imagerie médicale. Les accidents et incidents de radiothérapie révélés à l’ASN en 2006 et 2007 soulignent la nécessité de mieux connaître les effets secondaires qui peuvent être associés au traitement, qu’ils soient d’origine incidentelle ou associés à la stratégie thérapeutique développée par le praticien. La mise en place du système de déclaration des événements indésirables graves par l’InVS, articulé avec le système de déclaration des événements en radioprotection expérimenté par l’ASN, constituera un véritable progrès dès lors que ces effets pourront être analysés aux plans médical et scientifique. Dans ce registre, les avancées observées pour le traitement des lésions graves dues à une surexposition aux rayonnements ionisants sont également à souligner. En complément des actions de réglementation et de contrôle qui lui sont confiées, l’ASN suit de façon attentive l’évolution des recherches et des connaissances dans le domaine de la santé et des rayonnements ionisants et de la doctrine internationale en matière de radioprotection. Plus précisément, l’ASN constate que les derniers bilans des connaissances scientifiques réalisés par l’UNSCEAR ainsi que les dernières estimations du risque lié aux rayonnements ionisants établies par la CIPR, même s’ils apportent des compléments précieux sur certains effets des rayonnements ionisants (cancer du poumon lié à l’exposition au radon, maladies cardiovasculaires, effets héréditaires, effets sur le système immunitaire…) ne modifient pas les fondements actuels de la radioprotection. Au niveau national, l’ASN prendra également des initiatives en direction des organismes de recherche pour être régulièrement informée de l’avancement et des résultats de la recherche en sûreté nucléaire et en radioprotection, afin de pouvoir faire connaître son avis sur les objectifs des programmes de recherche publics dans ce domaine. Elle sera particulièrement attentive à la mise en place d’un comité d’orientation de la recherche auprès du conseil d’administration de l’IRSN, annoncé par le gouvernement et qui devra être ouvert aux «parties prenantes»: pouvoirs publics, entreprises et salariés du secteur nucléaire, élus, associations. L’ASN observe que cette évolution s’inscrit dans le prolongement des recommandations de la Commission Vroussos (mars 2004) et du Plan national santé environnement (juin 2004) qui soulignaient la nécessité d’organiser en France la veille scientifique en radioprotection. 4 PERSPECTIVES
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