Rapport annuel de l'ASN 2007

57 CHAPITRE ACTIVITÉS NUCLÉAIRES, RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ 1 L’exposition des travailleurs aux rayonnements naturels renforcés résulte soit de l’ingestion de poussières de matières riches en radionucléides (phosphates, minerais métallifères), soit de l’inhalation de radon, formé par la décroissance de l’uranium (entrepôts mal ventilés, thermes) ou encore de l’exposition externe due aux dépôts dans des procédés (tartres se formant dans les tuyauteries par exemple). Ainsi, à titre d’exemple: –les industries manipulant des matières premières naturellement riches en radionucléides (phosphates, minerais de fonderie, silicates de zirconium, pigments de coloration, terres rares) peuvent conduire à des expositions annuelles des travailleurs de plusieurs millisieverts ; –l’extraction de pétrole et de gaz naturel peut aussi conduire à des doses annuelles de plusieurs millisieverts par irradiation due aux tartres riches en radioéléments qui se forment dans les conduites; –dans les établissements thermaux, la forte teneur en radon de l’eau et la faible ventilation des stations thermales laissent présager des doses significatives, tant pour le personnel que pour les curistes (une étude bibliographique de l’IRSN sur des stations thermales étrangères montre qu’il n’est pas rare de trouver des doses annuelles de 10 à 100 mSv pour le personnel et de 1 à 4 mSv pour les curistes). 3⎮ 2⎮ 3 L’exposition des personnels navigants aux rayonnements cosmiques Les personnels navigants de compagnies aériennes ainsi que certains grands voyageurs sont exposés à des doses significatives du fait de l’altitude et de l’intensité des rayonnements cosmiques à haute altitude. Ces doses peuvent dépasser 1 mSv/an. On estime ainsi que la dose annuelle moyenne pour des personnels de «court-courrier» serait de 1 à 2 mSv, de 3 à 5 mSv pour les personnels de «long-courrier», et jusqu’à 10 mSv pour certains personnels de services de livraison postale. Afin de recueillir des informations sur cette exposition naturelle, un système d’observation baptisé SIEVERT a été mis en place par la Direction générale de l’aviation civile, l’IRSN, l’Observatoire de Paris et l’Institut français pour la recherche polaire Paul-Émile Victor (www.sievert-system.com). 3⎮ 3 Les doses reçues par la population du fait des activités nucléaires Les réseaux de surveillance automatisés gérés par l’IRSN sur l’ensemble du territoire (réseaux Téléray, Hydrotéléray et Téléhydro) permettent de surveiller en temps réel la radioactivité dans l’environnement et de mettre en évidence toute variation anormale. Ces réseaux de mesure joueraient un rôle prépondérant en cas d’incident ou d’accident conduisant à des rejets de substances radioactives, pour éclairer les décisions à prendre par les autorités et pour informer la population. En situation normale, ils participent à l’évaluation de l’impact des installations nucléaires de base. En revanche, pour des raisons d’ordre méthodologique, il n’existe pas de système global de surveillance permettant de reconstituer de façon exhaustive les doses reçues par la population du fait des activités nucléaires. De ce fait, le respect de la limite d’exposition de la population (voir chapitre 3) n’est pas directement contrôlable.

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