inconnues persistent; elles conduisent l’ASN à rester attentive aux résultats des travaux scientifiques en cours, en radiobiologie et en radiopathologie par exemple, avec des retombées possibles en radioprotection, notamment en ce qui concerne la gestion des risques à faible dose. On peut citer, en particulier, plusieurs exemples de zones d’incertitudes, concernant les radio pathologies à forte dose, les effets des faibles doses et la protection de l’environnement : Radiopathologies à forte dose •Le traitement des lésions graves dues à une surexposition aux rayonnements ionisants – Le traitement des lésions graves de surexposition est très difficile et décevant car ces lésions sont durables et évolutives dans le temps. L’année 2006 avait été marquée par deux réussites exceptionnelles concernant deux personnes victimes d’un accident d’irradiation externe par une source de gammagraphie industrielle d’une part et par une source d’ionisation d’autre part. Les nouveautés thérapeutiques mises au point par l’IRSN et l’Hôpital d’instruction des armées Percy (HIA) (Clamart) consistent en l’utilisation de cytokines spécifiques permettant la stimulation de lignées cellulaires ciblées, et de cellules souches mésenchymateuses autologues cultivées in vitro et greffées pour permettre le renouvellement de tissus lésés. Ces traitements novateurs ont fait l’objet en 2007 d’un protocole de recherche clinique, piloté par l’hôpital Saint Antoine (Paris) pour le traitement des lésions graves en radiothérapie observées chez les patients impliqués dans l’accident d’Épinal. Les événements en radiothérapie déclarés à l’ASN en 2007 posent clairement la question de la veille scientifique dans le domaine du traitement des effets secondaires des irradiations, y compris non accidentelles, en particulier en radiothérapie où leur fréquence est de l’ordre de 5% (sans doute due en partie à une radiosensibilité individuelle élevée des patients). •L’hypersensibilité aux rayonnements ionisants – Les effets des rayonnements ionisants sur la santé des personnes varient d’un individu à l’autre. On sait par exemple, depuis longtemps, que la même dose n’a pas le même effet selon qu’elle est reçue par un enfant en période de croissance ou par un adulte; cela a été pris en compte dans la réglementation. Mais, en plus de ces disparités bien connues, certains individus pourraient présenter une hypersensibilité aux rayonnements du fait de déficiences dans les mécanismes de réparation cellulaire commandés par la machinerie génétique: c’est ce que laissent penser, en tout cas, les observations faites à la fois in vivo par des radiothérapeutes et in vitro par des biologistes. Dès lors peuvent se poser des questions éthiques délicates, qui dépassent le cadre de la radioprotection: doit-on par exemple rechercher l’hypersensibili44 CIPR La Commission internationale de protection radiologique (CIPR) diffuse, depuis de nombreuses décennies, des recommandations pour la radioprotection dont s’inspirent le plus souvent les normes internationales (en particulier celles diffusées par l’AIEA) et les directives communautaires. De nouvelles recommandations ont été publiées fin 2007, après une consultation sur un premier projet en 2004 sur son site Internet (www.icrp.org), puis de nouvelles propositions établies en 2005. Ces recommandations seront accompagnées de documents fondateurs portant sur les bases biologiques et épidémiologiques pour l’évaluation des risques, sur les grandeurs et unités utilisées en radioprotection, sur la caractérisation de l’individu de référence pour l’estimation des doses, sur l’optimisation de la radioprotection et sur la protection de l’environnement. Désormais, le principe d’optimisation apparaît au cœur du système proposé, les principes de justification et de limitation étant cependant conservés. En effet, la CIPR recommande, quel que soit le type de situation d’exposition (expositions planifiée, d’urgence ou existante), de fixer une valeur de dose plafond, dite valeur de référence, puis de réduire les doses individuelles aussi bas que raisonnablement possible, jusqu’à un niveau optimisé. Les valeurs de limites de dose individuelles, applicables à l’exposition résultant de l’ensemble des sources auxquelles l’individu est exposé, demeurent inchangées. Enfin, les catégories d’exposition (au travail, du public et médicales) sont également conservées. La CIPR a ainsi simplifié le système actuel sans le bouleverser afin de tenir compte de la demande de stabilité exprimée par les professionnels et les autorités réglementaires CIPR 103
RkJQdWJsaXNoZXIy NjQ0NzU=