Rapport annuel de l'ASN 2007

ments issus de la conception, de la fabrication et de l’exploitation des circuits qui concourent à la justification de leur intégrité. En raison de l’homogénéité du parc des réacteurs français, EDF a choisi d’organiser ces dossiers de référence en dossiers «palier» pour l’ensemble des réacteurs de chaque palier (CP0, CPY, P4, P’4 et N4) et de les décliner en dossiers «réacteur» pour chaque réacteur individuel. Chaque dossier «réacteur» comprend en particulier les éléments relatifs aux interventions, aux défauts et aux événements survenus sur ce réacteur. La comptabilisation des situations Au cours du fonctionnement du réacteur, l’exploitant doit vérifier que les équipements de la chaudière ne sont pas placés dans des conditions plus sévères que celles qui avaient été prévues à la conception. Il doit en particulier comptabiliser et consigner, dans son système documentaire, les situations effectivement subies par les circuits principaux de la chaudière. L’objectif de la comptabilisation des situations est de s’assurer que des marges de sûreté sont maintenues durant toute la vie du réacteur. Entre 2002 et 2007, l’ASN a réalisé une série d’inspections afin d’avoir une vision globale de la manière dont EDF réalise cette activité. L’ASN a constaté une amélioration par rapport à la période 1995-1997 mais elle estime que les progrès doivent être poursuivis. Dans le cadre du traitement des dépassements du nombre autorisé des situations, une mise à jour des dossiers de référence est prévue avant l’échéance des troisièmes visites décennales prévues à partir de 2009 pour les réacteurs de 900 MWe. Cette intégration du retour d’expérience relatif à la comptabilisation des situations constitue un élément important à prendre en compte pour démontrer l’aptitude de ces réacteurs à fonctionner au-delà de trente ans. Une mise à jour des dossiers de référence est également prévue avant l’échéance des premières visites décennales prévues à partir de 2009 pour les réacteurs du palier N4. 3⎮ 4 ⎮ 2 L’utilisation des alliages à base de nickel Plusieurs parties des réacteurs à eau sous pression sont fabriquées en alliages à base de nickel: tubes, plaque de partition, revêtement côté primaire de la plaque tubulaire pour les générateurs de vapeur, adaptateurs de couvercle, pénétrations de fond de cuve, soudures des supports inférieurs de guidage des internes de cuve, zones réparées des tubulures pour la cuve. La résistance de ce type d’alliage à la corrosion généralisée ou par piqûres justifie son emploi. Cependant, dans les conditions de fonctionnement des réacteurs, l’un des alliages retenus, l’Inconel 600, s’est révélé sensible au phénomène de corrosion sous contrainte. Ce phénomène particulier de corrosion se produit en présence de sollicitations mécaniques importantes. Il peut conduire à l’apparition de fissures, parfois rapidement comme observé sur les tubes de générateurs de vapeur dès le début des années 1980 ou sur les piquages d’instrumentation des pressuriseurs des réacteurs de 1300 MWe à la fin des années 1980. L’ASN a demandé à l’exploitant d’adopter une approche globale de surveillance et de maintenance pour les zones concernées. Plusieurs zones du circuit primaire en alliage Inconel 600 font ainsi l’objet d’un contrôle particulier. Pour chacune d’elles, le programme de contrôle en service, défini et mis à jour annuellement par l’exploitant, doit répondre à des exigences portant sur les objectifs et la périodicité des contrôles. En outre, les générateurs de vapeur et les couvercles de cuve font l’objet d’un programme de remplacement important (voir paragraphe 3⏐4). À la suite de la découverte en 2004 de fissures imputées à la corrosion sous contrainte sur la plaque de partition d’un générateur de vapeur (plaque séparant la branche chaude de la branche froide dans la partie primaire d’un générateur de vapeur) non considérée a priori par EDF comme sensible à ce type de dégradation et à la suite du retour d’expérience international, l’ASN a demandé à EDF d’adapter sa stratégie globale de maintenance des zones en Inconel 600 pour prendre en compte ces dégradations. Ainsi, l’ensemble des générateurs de vapeur des réacteurs de 900 MWe équipés d’une plaque de partition en Inconel 600, sera contrôlé avant leur troisième visite décennale. EDF a qualifié un outillage automatique pour inspecter la soudure de l’attente de plaque (partie située entre la plaque de partition et la plaque tubulaire d’un générateur de vapeur) sur la plaque de partition et développe actuellement des outils de réparation. Des contrôles réalisés en 2007 sur les plaques de partition ont de nouveau mis en évidence des indications de fissuration par corrosion sous contrainte atteignant une longueur cumulée de 2 m et des profondeurs de quelques millimètres. 3⎮ 4 ⎮ 3 Les cuves des réacteurs La cuve est l’un des composants essentiels d’un réacteur à eau sous pression. Ce composant, d’une hauteur de 14 m et d’un diamètre de 4 m pour une épaisseur de 20 cm, contient le cœur du réacteur ainsi que son instrumentation. Entièrement remplie d’eau en fonctionne12 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 335

RkJQdWJsaXNoZXIy NjQ0NzU=