Rapport annuel de l'ASN 2007

Les dégradations des matériels remplaçables Le vieillissement des matériels résulte de phénomènes tels que l’usure des pièces mécaniques, le durcissement et la fissuration des polymères, la corrosion des métaux... Les matériels doivent faire l’objet d’une attention particulière lors de leur conception et de leur fabrication (en particulier le choix des matériaux), d’un programme de surveillance et de maintenance préventive et de réparations ou de remplacement en cas de besoin. Il faut également démontrer la faisabilité du remplacement éventuel. L’obsolescence des matériels ou de leurs composants Les équipements importants pour la sûreté ont fait l’objet d’une «qualification» qui leur permet d’être installés dans les centrales nucléaires. La disponibilité des pièces de rechange de ces équipements est fortement conditionnée par l’évolution du tissu industriel des fournisseurs. En effet, l’arrêt de la fabrication de certains composants ou la disparition de leur constructeur génère des difficultés d’approvisionnement en pièces d’origine pour certains systèmes. De nouvelles pièces de rechange doivent alors faire l’objet d’une justification de leur niveau de sûreté en préalable à leur montage. Cette justification vise à démontrer que l’équipement reste «qualifié» avec la nouvelle pièce de rechange. Compte tenu de la durée de cette procédure, une forte démarche d’anticipation est requise de la part des exploitants. La capacité de l’installation à suivre les évolutions des exigences de sûreté L’amélioration des connaissances et des techniques, mais aussi les évolutions du niveau d’acceptabilité du risque dans nos sociétés, sont des facteurs pouvant conduire à juger qu’une installation industrielle nécessite de lourds travaux de rénovation ou, si ceux-ci ne sont pas réalisables à un coût acceptable, une fermeture de l’installation à plus au moins brève échéance. 2⎮ 3 ⎮ 3 La prise en compte par EDF du vieillissement des matériels Cette stratégie, de type «défense en profondeur», s’appuie sur trois lignes de défense. Prévenir le vieillissement à la conception La conception et la fabrication des composants, le choix des matériaux et les dispositions d’installation doivent être adaptés aux conditions d’exploitation prévues et tenir compte des cinétiques de dégradation connues ou supposées. Surveiller et anticiper les phénomènes de vieillissement D’autres phénomènes de dégradation que ceux prévus à la conception peuvent être mis en évidence au cours de l’exploitation. Les programmes de surveillance périodique et de maintenance préventive, les examens de conformité (voir paragraphe 2⏐2⏐1) ou encore l’examen du retour d’expérience (voir paragraphe 2⏐2⏐3) visent à détecter ces phénomènes. Réparer, modifier ou remplacer les matériels susceptibles d’être affectés De telles actions nécessitent d’avoir été anticipées, compte tenu notamment des délais d’approvisionnement des nouveaux composants, du temps de préparation de l’intervention, des risques d’obsolescence de certains composants et de perte de compétences techniques des intervenants. 2⎮ 3 ⎮ 4 La politique de l’ASN Sur le plan strictement réglementaire, il n’y a pas en France de limitation dans le temps à l’autorisation d’exploiter une centrale nucléaire. En revanche, la pratique retenue et aujourd’hui affirmée par la loi TSN est d’imposer à l’exploitant de procéder à un réexamen de sûreté de son installation tous les dix ans. Ce réexamen, qui vise en premier lieu à faire encore progresser le niveau de sûreté de l’installation, est aussi l’occasion de réaliser un examen approfondi des effets du vieillissement (voir paragraphe 2⏐2⏐4). Dans le cadre de la préparation des troisièmes visites décennales des réacteurs de 900 MWe, l’ASN a demandé en 2001 à EDF de présenter, pour chacun des réacteurs concernés, un point précis de l’état du vieillissement et de lui démontrer la possibilité d’en continuer l’exploitation au-delà de trente ans dans des conditions satisfaisantes de sûreté. En réponse à cette demande, EDF a élaboré un programme de travail relatif à la gestion du vieillissement des réacteurs de 900 MWe. Après avoir recueilli à deux reprises l’avis du GPR, l’ASN a demandé à EDF d’apporter certains compléments à un programme, en particulier en ce qui concerne les moyens lourds de recherche et développement disponibles. Les réacteurs nucléaires de 900 MWe sont les réacteurs français les plus anciens en exploitation. Leur troisième réexamen de sûreté est aujourd’hui en cours. Les troisièmes visites décennales correspondant à environ trente ans de fonctionnement, vont avoir lieu à partir de 2009. Lors de ces visites, qui durent plusieurs mois, le réacteur sera à l’arrêt et des contrôles approfondis seront réalisés. En tenant compte des résultats de ces contrôles, l’ASN prendra position, réacteur par réacteur, sur leur aptitude à poursuivre l’exploitation au-delà de la troisième visite décennale et pour une période allant 12 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 323

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