L’impact dosimétrique potentiel des installations médicales concerne les patients qui bénéficient des traitements ou des examens, les professionnels de santé (médecins, radiophysiciens, manipulateurs en électroradiologie, infirmières…) qui sont appelés à utiliser les rayonnements ionisants ou à participer à leur utilisation, mais aussi la population, par exemple les personnes dont les logements sont proches des installations ou les groupes de population qui pourraient être exposés à des déchets ou effluents provenant des services de médecine nucléaire. 5⎮ 1 Expositions médicales des patients Les expositions des patients aux rayonnements ionisants se distinguent des autres expositions (travailleurs, population) dans la mesure où elles ne font pas l’objet de limitation, les principes de justification et d’optimisation demeurant les seuls applicables. En outre, il s’agit du seul cas où des expositions sont délivrées en vue d’un bénéfice direct pour les personnes exposées, en l’occurrence les patients. La situation diffère selon que l’on considère l’exposition du patient dans le domaine des applications diagnostiques (radiologie ou médecine nucléaire diagnostique) ou dans celui de la radiothérapie, externe ou interne. Dans le premier cas, il est nécessaire d’optimiser en délivrant la dose minimale pour obtenir une information diagnostique pertinente, dans le second cas, il faut délivrer la dose nécessaire pour stériliser la tumeur tout en préservant au maximum les tissus sains voisins. L’optimisation de la dose pour le patient dépend de la qualité du matériel utilisé, ce qui justifie pleinement par exemple la mise hors service des appareils obsolètes et le développement d’un contrôle de qualité des dispositifs médicaux utilisés. Il s’agit non seulement du matériel irradiant mais aussi de celui qui est utilisé pour ces expositions: si un négatoscope qui permet de visualiser un cliché de radiologie est défaillant, cela peut conduire à une augmentation des doses délivrées pour réaliser ces clichés. Globalement, il a été constaté à l’occasion des inspections menées en 2007 qu’environ 70% des services pratiquent un contrôle qualité de leurs appareils et que 12% ont engagé la mise en place d’un tel processus. La dose dépend aussi de la nature des actes et de l’émission du rayonnement (tube à rayons X, accélérateur de particules, radionucléides en source non scellée…). Il est difficile de connaître actuellement de façon précise l’exposition globale d’origine médicale car le nombre d’examens pratiqués (par type) est encore mal connu et les doses délivrées pour le même examen peuvent être très variables et dépendent non seulement des conditions de sa réalisation, mais aussi de la morphologie des patients (voir point 1⏐3⏐4). Le tableau 3 ci-après présente les parts respectives du nombre d’actes et des doses associées, pour la radiologie conventionnelle, la scanographie, la médecine nucléaire et la radiologie interventionnelle. Les études jusqu’ici réalisées montrent, en général, une assez grande variabilité des doses délivrées pour un examen donné. Ainsi la palette de dose délivrée par les 5 L’IMPACT DES INSTALLATIONS MÉDICALES Guide du bon usage des examens d’imagerie médicale édité par la Société française de radiologie (SFR) 9 CHAPITRE UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS 255
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