235 CHAPITRE LES SITUATIONS D’URGENCE RADIOLOGIQUE 8 Les exercices de crise ont notamment permis de faire évoluer les procédures et les doctrines. Ainsi, pour éviter l’exposition des intervenants chargés de réaliser la distribution de comprimés d’iode pendant la phase de rejet, les pouvoirs publics ont décidé d’assurer une distribution préventive de comprimés d’iode dans un rayon de 10 km autour des centrales nucléaires. En outre, pour tenir compte des accidents à cinétique rapide, qui ne laissent pas le temps nécessaire à l’intervention des pouvoirs publics, il a été décidé d’intégrer une phase réflexe dans les PPI conduisant à mettre à l’abri les populations en les alertant par un réseau de sirènes ou tout autre moyen d’alerte téléphonique. En 2007, la mise en œuvre systématique des audioconférences décisionnelles a permis d’assurer une meilleure cohérence des actions de protection des travailleurs et des populations décidées par l’exploitant et les pouvoirs publics. L’organisation en situation d’urgence vise à prévenir, à informer et à protéger le public. Lors des exercices, il est apparu que le dispositif d’alerte des populations par l’intermédiaire des sirènes déclenchées par les exploitants, ne permettait pas dans tous les cas de couvrir l’ensemble du périmètre d’intervention. Dans ces conditions, EDF a entrepris de compléter le système de sirènes existant par un système d’alerte téléphonique. Ce nouveau système complémentaire repose sur un automate d’appel vers les téléphones fixes des personnes concernées. Ce système expérimental a été testé à de nombreuses reprises lors des exercices nationaux réalisés au cours de l’année 2007. Il sera progressivement étendu à tous les départements concernés. Les scénarios des exercices mettent généralement en œuvre une émission de radioactivité simulée à l’extérieur de l’installation accidentée. Ceci permet d’entraîner l’ensemble de l’organisation nationale de crise, et plus particulièrement les services de secours locaux, aux risques et aux conséquences d’une contamination radioactive des populations, des habitats, des chaînes alimentaires et de l’environnement. Les premières actions de protection sont généralement prises sur la base d’estimations et de calculs très conservatifs. Cependant, à plus long terme, les mesures de la radioactivité autour de l’installation sont cruciales pour élaborer la réaction des pouvoirs publics face aux événements. Le retour d’expérience des exercices a montré que les résultats des mesures arrivaient avec des délais importants auprès des experts et des décideurs. Face à ce constat, les acteurs nationaux ont travaillé sur l’amélioration de l’organisation et sur les procédures. Le cadre de cette réflexion a donné naissance à la directive interministérielle du 29 novembre 2005 précitée. Cette directive doit désormais être déclinée dans les plans de secours, aux fins d’établir des programmes locaux de mesures adaptés aux installations. En 2007, l’ASN a participé à plusieurs réunions afin de contribuer à mettre au point un programme directeur de mesures visant à une meilleure appropriation et restitution des mesures de radioactivité effectuées par les différents acteurs (exploitants, CMIR, IRSN…). Chaque installation nucléaire doit participer périodiquement à un exercice d’urgence nucléaire et radiologique national impliquant l’ensemble de l’organisation nationale de crise. Il a été constaté que les différentes préfectures impliquées dans ces exercices sont en progrès constant. Afin de ne pas enrayer cette amélioration continuelle, les scénarios des exercices sont plus complexes et intègrent de plus en plus de paramètres et d’acteurs. Les exercices permettent aussi d’améliorer les procédures existantes: –les scénarios intègrent de plus en plus souvent une dimension sanitaire nécessitant la gestion de blessés, parfois contaminés, qu’il faut savoir prendre en charge Protection des intervenants
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