Rapport annuel de l'ASN 2006

15 CHAPITRE ACTIVITÉS NUCLÉAIRES, RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ 1 de la population du fait des émissions de rayonnement gamma produites par les chaînes de l’uranium 238 et du thorium 232 et par le potassium 40 présents dans les sols, mais aussi à une exposition interne par inhalation de radon ou de particules remises en suspension, par ingestion de denrées alimentaires ou d’eau de consommation. Les teneurs en radionucléides naturels dans les sols sont toutefois extrêmement variables. Les valeurs les plus élevées des débits de dose d’exposition externe, à l’air libre, s’échelonnent en France, selon les régions, entre quelques nSv h-1 et 100 nSv h-1. Les valeurs de débit de dose à l’intérieur des habitations sont généralement plus élevées du fait de la contribution des matériaux de construction (environ 20% en plus, en moyenne). À partir d’hypothèses sur les taux de présence des individus à l’intérieur et à l’extérieur des habitations (respectivement 90% et 10%), la dose efficace annuelle moyenne due à l’exposition externe aux rayonnements gamma d’origine tellurique est estimée à environ 0,47 mSv (IRSN 2006), à comparer avec la moyenne mondiale de 0,46 mSv estimée par l’UNSCEAR (2000). La composante de l’exposition interne par inhalation, du fait de la remise en suspension dans l’air de particules du sol, est estimée à 0,002 mSv par an, celle due aux descendants à vie longue du radon à environ 0,01 mSv par an. Les doses dues à l’exposition interne d’origine naturelle varient selon les quantités incorporées de radionucléides des familles de l’uranium et du thorium via la chaîne alimentaire, dépendant des habitudes alimentaires de chacun. Selon l’UNSCEAR (2000), la dose moyenne par individu serait de l’ordre de 0,23 mSv par an. La concentration moyenne du potassium 40 dans l’organisme est d’environ 55 Bq par kg; il en résulte une dose efficace annuelle moyenne de l’ordre de 0,18 mSv. Les eaux destinées à la consommation humaine, notamment celles d’origine souterraine, ainsi que les eaux minérales, se chargent en radionucléides naturels du fait de la nature des couches géologiques dans lesquelles elles séjournent. La concentration en descendants de l’uranium et du thorium mais aussi en potassium 40 varie selon les départements, compte tenu de la nature géologique du sous-sol. Pour les eaux présentant une radioactivité élevée, la dose efficace annuelle résultant d’une consommation quotidienne (2 litres/hab/jour) peut atteindre quelques dizaines ou centaines de µSv. L’exposition au radon L’exposition au radon dit «domestique» (radon dans les habitations) a été estimée par des campagnes de mesures qui ont donné lieu ensuite à des interprétations statistiques (voir atlas IRSN). La valeur moyenne des activités mesurées en radon a ainsi été estimée en France à 63 Bq/m3, avec environ la moitié des résultats inférieurs à 50 Bq/m3, 9% supérieurs à 200 Bq/m3 et 2,3% au-dessus de 400 Bq/m3. Les voies d’entrée et de transfert du radon dans une habitation

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