Rapport annuel de l'ASN 2006

Sur la base des travaux scientifiques de l’UNSCEAR, la Commission internationale de protection radiologique (voir publication CIPR 60) a publié les coefficients de risque de décès par cancer dû aux rayonnements ionisants, soit 4% d’excès de risque par sievert pour les travailleurs et 5% par sievert pour la population générale. L’utilisation de ce modèle, par exemple, conduirait à estimer à environ 7000 le nombre de décès annuel par cancer en France dus aux rayonnements naturels. Ces coefficients ne devraient pas être modifiés dans les nouvelles recommandations de la CIPR dont la publication est attendue en 2007. L’évaluation du risque de cancer du poumon dû au radon fait l’objet d’une modélisation spécifique, fondée sur l’observation des données épidémiologiques chez les travailleurs des mines. En retenant l’hypothèse d’une relation linéaire sans seuil pour les expositions à faible dose, le risque relatif lié à l’exposition au radon, pour une concentration de radon égale à 230 Bq/m3, serait du même ordre que celui lié au tabagisme passif (Académie des sciences USA, 1999). L’objectif sanitaire de réduction du risque de cancer lié aux rayonnements ionisants ne peut être directement observé par l’épidémiologie; le risque peut être calculé si l’on prend pour hypothèse l’existence d’une relation linéaire sans seuil entre les expositions et les risques de décès par cancer. 1 3 Incertitudes scientifiques et vigilance Les actions menées dans les domaines de la sûreté nucléaire et de la radioprotection pour prévenir les accidents et limiter les nuisances ont permis de réduire les risques mais pas d’atteindre le risque zéro ni l’impact zéro, qu’il s’agisse des doses reçues par les travailleurs des domaines médical ou industriel, ou de celles associées aux rejets des INB. De nombreuses incertitudes et inconnues persistent; elles conduisent l’ASN à rester attentive aux résultats des travaux scientifiques en cours, en radiobiologie et en radiopathologie par exemple, avec des retombées possibles en radioprotection, notamment en ce qui concerne la gestion des risques à faible dose. 6 CIPR La commission internationale de protection radiologique (CIPR) diffuse, depuis de nombreuses décennies, des recommandations pour la radioprotection dont s’inspirent le plus souvent les normes internationales (en particulier celles diffusées par l’AIEA) et les directives communautaires. De nouvelles recommandations sont en préparation. Après une consultation sur un premier projet en 2004 sur son site internet (www.icpr.org), de nouvelles propositions ont été établies en 2005 pour une publication prévue, après une nouvelle consultation, en 2007. Ces recommandations seront accompagnées de documents fondateurs portant sur les bases biologiques et épidémiologiques pour l’évaluation des risques, sur les grandeurs et unités utilisées en radioprotection, sur la caractérisation de l’individu de référence pour l’estimation des doses, sur l’optimisation de la radioprotection et sur la protection de l’environnement. CIPR 60

RkJQdWJsaXNoZXIy NjQ0NzU=