XXXV La pratique de la radiothérapie Une pratique justifiée La radiothérapie, née au début du XXe siècle, est, avec la chirurgie et la chimiothérapie, l’une des 3 grandes familles de traitement des cancers. Les cancers sont des maladies graves qui touchent environ 25 % de la population. Environ 280 000 nouveaux cas de cancer sont recensés chaque année en France. La radiothérapie est proposée à la moitié d’entre eux ; elle en guérit 80 %. La radiothérapie fait ainsi partie des traitements majeurs mentionnés par le Plan Cancer présenté en juillet 2002 par le Président de la République. Ce plan cancer, piloté par l’Institut national du cancer (INCa), a permis à la radiothérapie de se moderniser en France : implantation de nouveaux appareils et en particulier des accélérateurs linéaires, accès aux techniques innovantes (curiethérapie de prostate, tomothérapie, radiothérapie en conditions stéréotaxiques, accélérateurs sur bras robotisés). La radiothérapie fait intervenir des personnels qualifiés : oncologues radiothérapeutes, physiciens d’hôpitaux et manipulateurs d’électroradiologie, qui forment une véritable équipe soignante. Le choix de la radiothérapie Le choix de l’utilisation de la radiothérapie pour un patient particulier est effectué en réunion de concertation pluridisciplinaire où siègent différents spécialistes : cliniciens, chirurgiens, radiothérapeutes, chimiothérapeutes. Un programme personnalisé de soins est élaboré et proposé à chaque patient qui est informé de la nature de son cancer, de la technique d’irradiation utilisée et de ses effets secondaires. Le radiothérapeute élabore avec le physicien médical le plan de traitement, en s’appuyant sur l’imagerie scanner complétée au besoin par l’imagerie par résonance magnétique (IRM) ou par tomographie d’émission de positons (TEP) pour cibler la tumeur en 3 dimensions. Les paramètres physiques du traitement sont transmis à l’appareil émetteur de rayonnements via un système d’enregistrement et de validation des paramètres ne permettant de déclencher l’irradiation que s’il y a concordance entre les paramètres réels et ceux prévus. Le traitement prescrit par le médecin est réalisé par des manipulateurs, qui ont connaissance du dossier du patient, chaque jour, 5 fois par semaine pendant 6 à 7 semaines. Le patient est installé avec précision et de façon reproductible sous l’appareil de traitement et les manipulateurs mettent en œuvre l’irradiation conformément aux paramètres prévus lors de l’élaboration du plan de traitement. Les appareils sont régulièrement soumis à une maintenance de la part des constructeurs. Des procédures de contrôle de qualité sont conduites par les physiciens médicaux pour vérifier la validité des caractéristiques de l’appareil et la qualité des faisceaux produits. Les effets secondaires Le traitement des cancers, pour qu’il soit efficace, nécessite l’utilisation de techniques puissantes. En ce qui concerne la radiothérapie, le paradigme est le suivant : délivrer la dose la plus importante possible de rayonnements ionisants à la tumeur en irradiant le moins possible les tissus sains environnants. La radiothérapie s’appuie aussi sur la capacité particulière des cellules saines à récupérer plus facilement que les cellules cancéreuses à une dose de rayonnements de l’ordre de 2 Gy. C’est ainsi que tout traitement par radiothérapie est fractionné en une trentaine de séances délivrées quotidiennement. Au total, l’efficacité de la radiothérapie dépend du juste dosage des rayonnements délivrés : une dose insuffisante ne permet pas la guérison, une dose excessive peut avoir des effets secondaires sur les tissus environnants, en particulier des brûlures. Ces phénomènes secondaires peuvent être observés, parfois tardivement, en dehors de toute erreur dans l’utilisation de la radiothérapie dans environ 5 % des cas. Ils sont dus en particulier à une susceptibilité individuelle aux rayonnements dont l’origine se trouve dans une capacité plus faible à réparer les lésions de l’ADN créées par les rayonnements.
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