Rapport annuel de l'ASN 2006

336 entre les organisations, d’analyse des risques et de définition des scénarios d’intervention et des moyens ou ressources à mettre en œuvre en cas d’incendie. Enfin, l’ASN a demandé fin 2006 à EDF de réexaminer les fiches d’action incendie opérateurs, permettant la mise et le maintien à l’état sûr du réacteur dans le cadre de la conduite par l’approche par état et notamment de vérifier la faisabilité des actions requises en local en cas d’incendie. Le risque d’explosion Sur la base des conclusions des inspections réalisées en 2002 sur ce thème, des incidents et des anomalies détectées sur les sites, l’ASN a demandé à EDF de mieux prendre en compte le risque d’explosion d’origine interne. Elle a notamment demandé à EDF de réexaminer les dispositifs de protection existants contre les effets d’une explosion d’origine interne dans le cadre du réexamen de sûreté du palier 900 MWe pour les troisièmes visites décennales et d’engager une démarche similaire pour les autres paliers. Le nouveau référentiel de prise en compte des risques d’explosion interne aux bâtiments de l’îlot nucléaire associé à l’utilisation d’hydrogène a été transmis en 2006 par EDF. Il est actuellement en cours d’évaluation par l’ASN et son appui technique, l’IRSN. EDF doit compléter ses études par la prise en compte des gaz autres que l’hydrogène et par l’extension de ses analyses pour les bâtiments autres que les bâtiments réacteurs. En ce qui concerne le risque d’explosion d’origine externe aux bâtiments, l’ASN considère que la démarche globale d’EDF est satisfaisante. Elle a toutefois estimé que cette démarche devait être complétée par une approche probabiliste et par l’étude des conséquences pour la sûreté des scénarios retenus. Ces études ont été transmises en 2006 à l’ASN et sont également en cours d’évaluation. 3 7 4 Les autres agressions Canicule et sécheresse Les centrales nucléaires sont à l’origine de rejets thermiques dans les cours d’eau. Ces rejets peuvent conduire, selon le cas, à une élévation de la température en aval des centrales de quelques dixièmes de degrés à plusieurs degrés. Ces rejets sont réglementés par des arrêtés ministériels propres à chacun des sites. En 2006, les conditions climatiques exceptionnelles observées durant les trois premières semaines de juillet ont conduit à une élévation de la température des cours d’eau au-delà des valeurs rencontrées historiquement. Afin de pouvoir garantir un niveau d’alimentation électrique suffisant en cas de persistance de la canicule, EDF a temporairement été autorisé, le 22 juillet 2006, par un arrêté conjoint des ministres en charge de l’environnement, de l’industrie et de la santé, à pouvoir procéder à des rejets thermiques augmentant, selon les bassins hydrographiques, de 0,3 °C à 3 °C la température de l’eau en aval par rapport à celle en amont des sites. Cette autorisation exceptionnelle n’a toutefois pas été utilisée. En outre, bien que la sûreté des centrales nucléaires n’ait pas été affectée par cette situation climatique exceptionnelle, l’ASN a parallèlement demandé au mois de juillet 2006 à EDF d’anticiper un accroissement possible des températures, en analysant en particulier les conséquences potentielles sur la sûreté des installations d’une nouvelle augmentation de la température des cours d’eau en amont des centrales. Par ailleurs, pour les sites du palier CPY, l’ASN a entamé en 2006 l’examen du référentiel «grand chaud» proposé par EDF afin de réexaminer le fonctionnement des installations dans des conditions plus sévères que celles retenues à la conception.

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