Rapport annuel de l'ASN 2006

L’intégrité du faisceau tubulaire des générateurs de vapeur est un enjeu important pour la sûreté. En effet, une dégradation du faisceau tubulaire peut générer une fuite du circuit primaire vers le circuit secondaire. De plus, la rupture d’un des tubes du faisceau dans un scénario accidentel conduirait à contourner l’enceinte du réacteur qui constitue la troisième barrière de confinement. Or, les tubes de générateurs de vapeur sont soumis à plusieurs phénomènes de dégradation: corrosion, usure, etc. Les générateurs de vapeur font l’objet d’un programme spécifique de surveillance en exploitation, établi par EDF et révisé tous les trois ans. La version actuelle de ce programme a été examinée et acceptée par l’ASN en 2003. À l’issue des contrôles, les tubes présentant des dégradations jugées trop importantes sont bouchés pour être mis hors service. Depuis le début des années 1990, EDF mène un programme de remplacement des générateurs de vapeur dont les faisceaux tubulaires sont les plus affectés. Ce programme se poursuit au rythme moyen d’un réacteur chaque année. Fin 2006, 12 des 34 réacteurs de 900 MWe seront encore équipés de générateurs de vapeur avec faisceaux tubulaires en alliage Inconel 600 non traité thermiquement (600 MA), principalement affectés de fissuration par corrosion sous contrainte (voir paragraphe 352). En plus de la surveillance en exploitation, les générateurs de vapeur sont soumis tous les dix ans à une épreuve hydraulique, dans le cadre de la visite décennale des réacteurs (voir paragraphe 123) : le circuit primaire subit un test global de résistance à une pression supérieure à sa pression normale de fonctionnement. Lors des deuxièmes visites décennales des réacteurs de 900 MWe réalisées depuis 2002, des fuites importantes ont été constatées sur certains des générateurs de vapeur les plus affectés par la corrosion sous contrainte. Après avis de la Section permanente nucléaire de la Commission centrale des appareils à pression, l’ASN a demandé à EDF la mise en place de mesures particulières de contrôle et de maintenance de ces générateurs de vapeur. EDF a proposé un programme de remplacement anticipé conduisant à planifier le remplacement des générateurs de vapeur des douze réacteurs de 900 MWe encore équipés de faisceaux tubulaires en Inconel 600 MA au plus tard lors de la troisième visite décennale. En parallèle, EDF a poursuivi le programme d’étude et d’expertise pour les réacteurs de 900 et 1300 MWe équipés de générateurs de vapeur avec faisceaux tubulaires en alliage Inconel 600 traité thermiquement (600 TT) engagé depuis 2005 afin de mieux comprendre leur comportement en épreuve hydraulique et de déterminer les moyens permettant d’éviter les fuites durant les épreuves. Dans la nuit du 11 au 12 février 2006, une fuite importante entre les circuits primaire et secondaire, ayant atteint un débit de 500 litres par heure, a conduit à l’arrêt du réacteur Cruas 4. Cet incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES. Les investigations menées par EDF ont permis de déterminer que la fuite provenait d’un défaut du générateur de vapeur n° 2 au niveau de la plaque entretoise supérieure. Deux événements similaires, mais ayant conduit à des fuites beaucoup moins importantes, avaient déjà eu lieu à Cruas. La cinétique très rapide de ce défaut, apparu et développé en moins de trois mois après plus de vingt ans de fonctionnement, laisse penser à un nouveau phénomène de dégradation par fatigue vibratoire, vraisemblablement lié à la conception du générateur de vapeur et à un taux de colmatage élevé des plaques entretoises supérieures. Onze autres réacteurs équipés de générateurs de vapeur de conception identique seraient susceptibles de développer le même phénomène. EDF a mis en œuvre un programme de contrôles et de maintenance préventifs. En parallèle, l’exploitant recherche activement à établir précisément l’origine du phénomène et à élaborer une stratégie qui permette de s’en prémunir sur l’ensemble des réacteurs concernés. Enfin, afin de permettre le diagnostic d’une rupture de tube de générateur de vapeur (RTGV) le plus précoce possible et dans l’attente des éléments définitifs de compréhension du phénomène, EDF a 330

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