Rapport annuel de l'ASN 2006

2 LA POLITIQUE D’AMÉLIORATION DE LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE ET DE LA RADIOPROTECTION 2 1 Organisations, sûreté, compétitivité 2 1 1 Le contrôle des facteurs organisationnels et humains Le contrôle des facteurs organisationnels et humains (FOH) dans un système à risques tel qu’une centrale nucléaire implique de prendre en compte tout ce qui peut contribuer à ce que l’intervention humaine dans le système puisse être effectuée dans les meilleures conditions d’efficacité et de sûreté. L’intervention humaine doit être considérée, aux différents niveaux de l’organisation, aussi bien dans sa dimension individuelle que dans sa dimension collective. Trop longtemps considéré comme le maillon faible, source d’erreurs à l’origine des défaillances des systèmes techniques, l’homme est un maillon essentiel de la sûreté, notamment par sa capacité d’adaptation, d’interrogation et de réaction face aux situations imprévues. Son rôle dans le pilotage, la surveillance et la maintenance des installations est fondamental. Divers facteurs conditionnent la performance humaine et donc la capacité des agents à remplir leur fonction de façon efficace et sûre: caractéristiques liées aux capacités et limites humaines, compétences, fonctionnement des collectifs de travail et des organisations en place, procédures et prescriptions d’exploitation, qualité de l’interface homme-machine des équipements techniques de l’installation et des outils de travail, contraintes liées à l’environnement de travail. Intégrer les facteurs organisationnels et humains dans la sûreté nécessite donc d’agir de manière cohérente sur de multiples leviers, tels que la formation et la compétence des agents intervenant au sein des installations, l’ergonomie des installations et des documents opératoires, les méthodes individuelles et collectives de travail, l’organisation et le management. L’action de l’ASN s’appuie sur les principes généraux suivants: –la responsabilité de l’exploitant: dans le cadre des objectifs généraux de sûreté, c’est aux exploitants de définir leur organisation et de la faire évoluer lorsque cela est nécessaire, de mener les actions nécessaires à la prise en compte des facteurs humains dans la conception et l’exploitation des installations et de veiller à la bonne formation de leur personnel. L’ASN analyse et approuve, le cas échéant, certaines dispositions, mais elle ne prescrit pas d’organisation standard aux exploitants nucléaires. Dans la même démarche, c’est aux industriels de former leur personnel et d’évaluer son aptitude à remplir ses missions; –le contrôle: les inspections effectuées chez les exploitants nucléaires sont fréquemment l’occasion de se pencher sur le fonctionnement des organisations, et permettent d’apprécier la prise en compte des enjeux humains et organisationnels dans les installations nucléaires; –le retour d’expérience: l’analyse des incidents repose sur une recherche en profondeur des causes des événements qui doit permettre à l’exploitant d’approfondir l’évaluation des lignes de défense, notamment humaines et organisationnelles, et de mettre en œuvre des actions appropriées pour les améliorer. La remontée des informations relatives aux activités humaines concernées par l’événement doit viser à améliorer la sûreté et doit éviter de se focaliser sur les individus en cause, voire de rechercher des coupables; –la défense en profondeur: pour permettre à l’homme de jouer son rôle dans la sûreté, des lignes de défense humaines et organisationnelles doivent être mises en place. Elles consistent notamment en la définition d’un contrôle technique systématique des opérations sensibles, la mise en place d’appuis 299 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12

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