1 2 2 Les documents d’exploitation L’exploitation au quotidien des centrales nucléaires se fait conformément à un ensemble de documents. L’ASN porte une attention particulière à ceux d’entre eux qui concernent la sûreté. En premier lieu, il s’agit des règles générales d’exploitation (RGE) qui présentent les dispositions mises en œuvre au cours de l’exploitation des réacteurs; elles complètent le rapport de sûreté, qui traite essentiellement des dispositions prises à la conception du réacteur, et traduisent les conclusions des études de sûreté en règles opératoires. Les RGE comportent plusieurs chapitres parmi lesquels les plus importants pour la sûreté font l’objet d’un examen attentif par l’ASN. Le chapitre III décrit les «spécifications techniques d’exploitation» (STE), qui délimitent le domaine de fonctionnement normal du réacteur et en particulier la plage admissible pour les paramètres d’exploitation (pressions, températures, flux neutronique…). Les STE précisent les dispositions de conduite à mettre en œuvre en cas de franchissement de ces limites. Les STE définissent également les matériels requis en fonction de l’état du réacteur et indiquent les actions à entreprendre en cas de mauvais fonctionnement ou de panne de ces matériels. Le chapitre VI est composé de procédures de conduite en situation d’incident ou d’accident. Il prescrit la conduite du réacteur à mettre en œuvre dans ces situations pour maintenir ou restaurer les fonctions de sûreté (maîtrise de la réactivité, refroidissement du cœur, confinement des produits radioactifs) et ramener le réacteur dans un état sûr. Le chapitre IX définit le programme de contrôles et d’essais périodiques des matériels importants pour la sûreté. Pour vérifier la disponibilité de ces matériels, notamment des systèmes de sauvegarde qui devraient être utilisés en cas d’accident, des essais de bon fonctionnement sont réalisés périodiquement. En cas de résultat non satisfaisant, la conduite à tenir est précisée par les spécifications techniques d’exploitation. Ce type de situations peut parfois obliger l’exploitant à arrêter le réacteur pour réparer le matériel défaillant. Enfin, le chapitre X définit le programme des essais physiques relatifs au cœur des réacteurs. Il contient les règles qui définissent les programmes de requalification du cœur pendant le redémarrage du réacteur et de surveillance du cœur pendant l’exploitation du réacteur. En second lieu, il s’agit des documents décrivant les actions de contrôle en service et de maintenance à mettre en œuvre sur les matériels. Sur la base des préconisations des constructeurs, EDF a défini des programmes d’inspection périodique des composants (ou programmes de maintenance préventive), en fonction de la connaissance des dégradations potentielles des matériels. Leur mise en œuvre fait appel dans certains cas, notamment pour les équipements sous pression, à des méthodes de contrôle dites non «destructives» (radiographie, ultrasons, courants de Foucault, ressuage…) dont l’application est confiée à du personnel spécialement qualifié. 1 2 3 Les arrêts de réacteurs En raison de l’épuisement progressif du combustible, les réacteurs doivent être arrêtés périodiquement pour le renouvellement du combustible. À chaque arrêt, un tiers ou un quart des assemblages est renouvelé. La périodicité des arrêts dépend de la gestion du combustible. 297 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12
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