Le présent chapitre est consacré aux réacteurs à eau sous pression. Ces réacteurs, qui servent à produire de l’électricité, sont au cœur de l’industrie nucléaire en France. De nombreuses autres installations décrites dans les autres chapitres de ce rapport produisent le combustible destiné à ces centrales ou le retraitent, stockent des déchets provenant des centrales ou encore servent à étudier des phénomènes physiques liés à l’exploitation ou à la sûreté de ces réacteurs. Ces réacteurs sont tous exploités par Électricité de France (EDF). Une particularité française est la standardisation du parc, avec un nombre important de réacteurs techniquement proches, qui justifie une présentation «générique» dans le présent chapitre. Cependant, le paragraphe 511 expose l’appréciation par l’ASN de chaque site. 1 GÉNÉRALITÉS SUR LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF Les 19 centrales nucléaires françaises en exploitation sont globalement semblables. Elles comportent chacune de deux à six réacteurs à eau sous pression, pour un total de 58 réacteurs. Pour tous ces réacteurs, la partie nucléaire a été conçue et construite par Framatome, EDF jouant le rôle d’architecte industriel. Parmi les 34 réacteurs de 900 MWe, on distingue: –le palier CP0, constitué des 2 réacteurs de Fessenheim et de 4 réacteurs du Bugey (réacteurs 2 à 5), –le palier CPY, constitué des autres réacteurs de 900 MWe, qu’on peut subdiviser en CP1 (18 réacteurs à Dampierre, Gravelines, au Blayais et au Tricastin) et CP2 (10 réacteurs à Chinon, Cruas et SaintLaurent-des-Eaux). Parmi les vingt réacteurs de 1300 MWe, on distingue: –le palier P4, constitué des 8 réacteurs de Paluel, Flamanville et Saint-Alban, –le palier P’4, constitué des 12 réacteurs de 1300 MWe les plus récents à Belleville, Cattenom, Golfech, Nogent-sur-Seine et Penly. Enfin, le palier N4 est constitué de 4 réacteurs de 1450 MWe: 2 sur le site de Chooz et 2 sur le site de Civaux. Malgré la standardisation du parc des réacteurs électronucléaires français, certaines nouveautés technologiques ont été introduites au fur et à mesure de la conception et de la réalisation des centrales nucléaires. La conception des bâtiments, la présence d’un circuit de refroidissement intermédiaire entre celui permettant l’aspersion dans l’enceinte en cas d’accident et celui contenant l’eau de la rivière, ainsi qu’un pilotage plus souple, distinguent le palier CPY des réacteurs du Bugey et de Fessenheim. Des modifications importantes par rapport au palier CPY ont été apportées dans la conception des circuits et des systèmes de protection du cœur des réacteurs de 1300 MWe et dans celle des bâtiments qui abritent l’installation. L’augmentation de puissance se traduit par un circuit primaire à quatre générateurs de vapeur offrant une capacité de refroidissement plus élevée que sur les réacteurs de 900 MWe, équipés de trois générateurs de vapeur. Par ailleurs, l’enceinte de confinement du réacteur comporte une double paroi en béton au lieu d’une seule paroi doublée d’une peau d’étanchéité en acier comme sur le palier 900 MWe. Les réacteurs du palier P’4 présentent quelques différences avec ceux du palier P4, notamment en ce qui concerne le bâtiment du combustible et les circuits. Enfin, le palier N4 se distingue des paliers précédents notamment par la conception des générateurs de vapeur, plus compacts, et des pompes primaires, ainsi que par l’informatisation de la conduite. 289 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12
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