Rapport annuel de l'ASN 2006

Ainsi, la présence d’une personne compétente en radioprotection (PCR) ou d’un service compétent en radioprotection (SCR) constitue un élément indispensable pour l’organisation de la radioprotection dans l’établissement. Cet indicateur est d’ores et déjà très satisfaisant puisque 79% des établissements évalués possèdent une PCR et 11% d’entre eux un SCR. En revanche, le bilan concernant les études de poste, point de départ d’une réflexion sur l’organisation du travail et sur l’optimisation des expositions, est mitigé: 24% des établissements les réalisent et 40% prévoient de le faire. De la même manière, la mise en place d’actions de formation continue en radioprotection doit être poursuivie puisqu’il a été constaté que 36% des établissements forment leurs personnels et que 39% vont mettre en place de telles actions. En outre, 68% des établissements se font contrôler périodiquement par des organismes agréés et 15% sont en train ou prévoient de mettre en place ce système. 5 4 L’impact sur l’environnement et la population L’impact des applications médicales sur l’environnement et la population ne fait pas l’objet, sauf cas particulier, d’une surveillance spécifique compte tenu de son caractère extrêmement diffus. Hors situation incidentelle, l’impact potentiel pourrait concerner: –des catégories professionnelles spécifiques susceptibles d’être exposées à des effluents ou déchets produits par des services de médecine nucléaire; –des personnes du public dans le cas où les locaux qui hébergent des installations qui émettent des rayonnements ionisants ne bénéficieraient pas des protections requises; –des personnes proches de patients ayant bénéficié d’un traitement ou d’un examen de médecine nucléaire faisant appel à des radionucléides tels que l’iode 131. Les informations disponibles qui portent sur la surveillance radiologique de l’environnement assurée par l’IRSN, en particulier la mesure du rayonnement gamma ambiant, ne mettent pas globalement en évidence de niveau significatif d’exposition au-delà des variations du bruit de fond de la radioactivité naturelle. En revanche, la mesure de la radioactivité de l’eau des grands fleuves ou des stations d’épuration des grandes agglomérations fait ponctuellement apparaître la présence au-dessus des seuils de mesure de radioéléments artificiels utilisés en médecine nucléaire (iode 131, technétium 99m). Les données disponibles sur l’impact de ces rejets conduisent à des doses de quelques microsieverts par an pour les personnes les plus exposées, notamment les égoutiers travaillant dans les réseaux d’assainissement (étude IRSN 2005). Par ailleurs, aucune présence de ces radioéléments n’a jamais été mesurée dans les eaux destinées à la consommation humaine. L’indicateur établi par l’ASN concernant l’existence dans les établissements d’un plan de gestion des déchets et des effluents radioactifs indique que les professionnels du secteur médical ne sont pas encore suffisamment engagés sur ce sujet. En effet, 47% des établissements questionnés possèdent un plan de gestion des déchets et des effluents radioactifs et 13% d’entre eux ont engagé la réflexion sur ce thème. Les recommandations à faire par le médecin après utilisation des radionucléides en médecine nucléaire ont fait l’objet de travaux du groupe de travail «médecine nucléaire» du Conseil supérieur d’hygiène Publique de France, notamment lors des examens et traitements utilisant l’iode 131, l’objectif étant d’harmoniser les conseils de vie qui sont déjà délivrés par chaque médecin. Le travail réalisé s’est appuyé sur les recommandations européennes mais aussi sur des simulations et des mesures effectuées en situation réelle. Les recommandations qui devraient être publiées par l’ASN en 2007 reposent sur l’activité résiduelle après l’hospitalisation (lors d’une thérapie avec des hautes activités) ou l’activi245 CHAPITRE UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS 9

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