239 CHAPITRE UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS 9 Les études jusqu’ici réalisées montrent, en général, une assez grande variabilité des doses délivrées pour un examen donné. Ainsi la palette de dose délivrée par les expositions médicales est assez large. Par exemple, en radiologie, des mesures effectuées dans les mêmes conditions, pour un même examen réalisé dans trois hôpitaux (rapport de mission Bonnin/Lacronique, OPRI et SFR, mars 2001), ont mis en évidence des doses (doses à la surface d’entrée sur fantôme) variant d’un facteur 1 à 3 pour un examen lombaire (profil) ou d’un facteur 1 à 10 pour un examen cervical (profil). En médecine nucléaire, les activités administrées sont très variables d’un service à l’autre, d’un État à un autre. Même si les doses sont en général plus faibles qu’en radiologie, on peut trouver des variations qui ne sont pas toujours justifiées. Pour une scintigraphie de perfusion pulmonaire réalisée dans le cadre du diagnostic de l’embolie pulmonaire, l’activité administrée peut varier de 100 MBq (Pays-Bas) à 300 MBq (France), soit une variation de dose estimée délivrée de 1,2 mGy à 3,75 mGy. La présence dans les services d’une personne spécialisée en radiophysique médicale (PSRPM), compétente pour déterminer et garantir les doses délivrées, contribue au processus d’optimisation. Globalement, selon les sources ASN, seuls 60% des services pour lesquels les indicateurs ont été relevés disposent actuellement d’une PSRPM. Ce chiffre met en évidence un défaut de personnel de cette qualification dans les services concernés mais ne reflète pas la situation des seuls services de radiothérapie: en effet, dans ces services, la présence de la PSRPM, qui participe à la sécurité des traitements, obligatoire pendant les traitements, est certainement plus élevée alors que pour les autres disciplines (médecine nucléaire et radiologie), la réglementation ne prévoit que des interventions périodiques: une enquête ASN est actuellement en cours pour identifier les besoins en PSRPM dans les services de radiothérapie. L’élaboration d’un plan de radiophysique médical, prévu par la réglementation depuis 2004, doit permettre au chef d’établissement et aux médecins d’identifier les moyens nécessaires pour le développement de la radiophysique médicale. Or, des progrès doivent être accomplis dans ce domaine puisqu’à ce jour seuls 14% des établissements possèdent un tel plan et 30% sont en train de l’élaborer. Dans les cas de la radiologie et de la médecine nucléaire, les niveaux de référence diagnostiques (NRD) permettent de mieux connaître et donc de mieux maîtriser les doses délivrées. Cependant, selon les sources ASN, seuls 30% des utilisateurs les utilisent actuellement et 12% sont en passe de le faire. Ces chiffres peuvent être comparés à ceux présentés par l’IRSN (Journée JFR, 16 octobre 2006): environ 50% des services de médecine nucléaire, 2% des services de radiologie classique et 5% des services de scanographie ont transmis des informations sur les NRD. L’ASN s’attachera dans ses inspections à faire appliquer cette nouvelle réglementation, notamment en ce qui concerne les plans de radiophysique médicale et les niveaux de référence diagnostiques qui concourent à l’optimisation des doses délivrés aux patients. Type d’actes Part approximative Contribution à la dose moyenne du nombre d’actes individuelle Radiologie conventionnelle 90% 36% Radiologie interventionnelle 1% 17% Scannographie 8% 40% Médecine nucléaire 1% 7% Tableau 3: contribution à la dose individuelle des actes de radiologie et de médecine nucléaire
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