2 1 2 Le diagnostic in vitro Il s’agit d’une technique d’analyse de biologie médicale - sans administration de radioéléments aux patients - permettant de doser certains composés contenus dans les fluides biologiques et notamment le sang préalablement prélevés sur le patient: hormones, médicaments, marqueurs tumoraux, etc. Cette technique met en œuvre des méthodes de dosage fondées sur les réactions immunologiques (réactions anticorps – antigènes marqués à l’iode 125), d’où le nom de radio-immunologie ou RIA (RadioImmunology Assay). Les activités présentes dans les kits d’analyse prévus pour une série de dosages ne dépassent pas quelques kBq. La radio-immunologie est actuellement fortement concurrencée par des techniques ne faisant pas appel à la radioactivité telles que l’immunoenzymologie. 2 1 3 La radiothérapie métabolique La radiothérapie métabolique vise à administrer un radiopharmaceutique émetteur de rayonnements ionisants qui délivrera une dose importante à un organe cible dans un but curatif ou palliatif. Certaines thérapies nécessitent une administration limitée de radioéléments (< 740 MBq). Elles consistent par exemple à traiter l’hyperthyroïdie par administration d’iode 131, les douleurs des métastases osseuses d’un cancer par le strontium 89 ou le samarium 153, la polyglobulie par le phosphore 32. On peut aussi réaliser des traitements des articulations grâce à des colloïdes marqués à l’yttrium 90 ou au rhénium 186. En règle générale, ces traitements n’imposent pas d’hospitaliser le patient dans le service de médecine nucléaire. D’autres thérapies requièrent la mise en œuvre d’activités beaucoup plus importantes. C’est le cas du traitement de certains cancers thyroïdiens après intervention chirurgicale. Elles sont réalisées par l’administration d’environ 4000 MBq d’iode 131; les patients doivent être hospitalisés pendant plusieurs jours dans une chambre spécialement aménagée du service de médecine nucléaire jusqu’à élimination par voie urinaire de la plus grande partie du radioélément administré. La protection radiologique de ces chambres doit être adaptée à la nature des rayonnements émis par les radioéléments. 2 1 4 Les nouveaux traceurs en médecine nucléaire L’utilisation en routine en médecine nucléaire du fluor 18, sous forme de fluorodésoxyglucose (18FDG), à des fins de diagnostic en cancérologie, a ouvert la voie à des recherches pour mettre au point de nouveaux traceurs radioactifs destinés au diagnostic comme à la radiothérapie interne. Outre le marquage du fluor 18 sur de nouveaux vecteurs, les travaux en cours portent sur l’utilisation d’autres radionucléides émetteurs de positons comme le rubidium 82, le cuivre 64 ou l’iode 124 pour des applications diagnostiques. Dans le domaine de la radiothérapie interne, les recherches s’orientent vers la mise en œuvre de nouveaux radionucléides émetteurs bêta (cuivre 67, ou lutétium 177) ou alpha (astate 211, bismuth 213, radium 223 ou actinium 225), ainsi que de nouveaux vecteurs associés à des radionucléides déjà utilisés (anticorps marqué par l’yttrium 90 en radio-immunothérapie). Au cours de l’année 2006, pour la première fois en France un radionucléide émetteur alpha, le radium 223, a été utilisé à des fins de médecine nucléaire, dans le cadre d’un essai clinique visant à évaluer son efficacité dans le traitement des douleurs des métastases osseuses. Leur utilisation en médecine nucléaire, au moins pour une partie d’entre eux – si leur intérêt médical est établi – nécessitera d’intégrer le plus en amont possible les exigences de radioprotection associées à leur utilisation. En effet, compte tenu des activités pouvant être mises en jeu (le plus souvent nettement supérieures à celles habituellement employées en médecine nucléaire), des caractéristiques des 228
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