186 (mission IRRS) ainsi que la mission de suivi de 2009 (voir chapitre 7) ont souligné l’importance de ce programme d’exercices. Il permet aux personnels de l’ASN et aux acteurs nationaux d’accumuler une connaissance et une expérience très riches sur la gestion des situations d’urgence. Ces exercices sont également l’occasion de former les intervenants de terrain, de l’ordre de 300 personnes par exercice. 3⎮ 2 Évaluer pour s’améliorer Des réunions d’évaluation sont organisées immédiatement après chaque exercice dans chaque poste de commandement de crise. L’ASN veille, avec les autres acteurs des exercices de crise, à identifier les bonnes et mauvaises pratiques mises en relief lors des réunions de retour d’expérience afin d’améliorer l’organisation dans son ensemble. Ces mêmes réunions de retour d’expérience sont organisées pour exploiter les enseignements des situations réellement survenues. Ainsi, les situations réelles survenues ont démontré l’importance de la communication en situation d’urgence en particulier pour informer suffisamment tôt le public et éviter la propagation de rumeurs qui pourraient entraîner un phénomène de panique dans la population. Les projets de protocoles internationaux ont été modifiés et visent à informer le plus tôt possible les autorités étrangères. Dans certains cas, l’exploitant est appelé à diffuser directement l’information d’un incident aux autorités étrangères. En outre, il est prévu que des critères d’alerte spécifiques soient diffusés aux associations de surveillance de la qualité de l’air. Les exercices ont notamment permis de faire évoluer les procédures et les doctrines. Ainsi, pour éviter l’exposition des intervenants chargés de réaliser la distribution de comprimés d’iode pendant la phase de rejet, les pouvoirs publics ont décidé d’assurer une distribution préventive de comprimés d’iode dans un rayon de 10 km autour des centrales nucléaires. En outre, pour tenir compte des accidents à cinétique rapide, qui ne laissent pas le temps nécessaire à l’intervention des pouvoirs publics, il a été décidé d’intégrer une phase réflexe dans les PPI conduisant à mettre à l’abri les populations en les alertant par un réseau de sirènes ou tout moyen d’alerte téléphonique. Depuis 2007, la mise en œuvre systématique des audio conférences décisionnelles a permis d’assurer une meilleure cohérence des actions de protection des travailleurs et des populations décidées par l’exploitant et les pouvoirs publics. L’organisation en situation d’urgence vise à prévenir, à informer et à protéger le public. Lors des exercices, il est apparu que le dispositif d’alerte des populations par l’intermédiaire des sirènes déclenchées par les exploitants, ne permettait pas dans tous les cas de couvrir l’ensemble du périmètre d’intervention. Dans ces conditions, EDF a entrepris de compléter le système de sirènes existant par un système d’alerte téléphonique appelé «SAPPRE». Ce nouveau système complémentaire repose sur un automate d’appel vers les téléphones fixes des personnes concernées. Ce système expérimental a été testé à de nombreuses reprises lors des exercices nationaux réalisés depuis 2007. Des systèmes similaires sont en cours de déploiement par tous les exploitants concernés. En situation post-accidentelle, les premiers éléments de doctrine établis confiaient aux décideurs l’opportunité de décider du maintien ou de l’éloignement des populations à partir d’une fourchette de deux valeurs. En outre, plusieurs zonages correspondant à des problématiques spécifiques (déchets, protection des populations, interdiction de consommation…) avaient été proposés. Les exercices réalisés ont montré la difficulté d’une prise de décision fondée sur des critères techniques trop complexes. Les exercices ont ainsi permis de proposer une simplification des différents zonages en situation post-accidentelle. Les premières actions de protection sont généralement prises sur la base d’estimations et de calculs très conservatifs. Cependant, à plus long terme, les mesures de la radioactivité autour de l’installation sont cruciales pour élaborer la réaction des pouvoirs publics face aux événements. Le retour d’expérience des exercices a montré que les résultats des mesures arrivaient avec des délais importants auprès des experts et des décideurs. Face à ce constat, les acteurs nationaux ont travaillé sur l’amélioration de l’organisation et sur les procédures. Le cadre de cette réflexion a donné naissance à la directive interministérielle du 29 novembre 2005 précitée. Cette directive doit désormais être déclinée dans les plans de secours, afin d’établir des programmes locaux de mesures adaptés aux installations. En 2008 et 2009, l’ASN a maintenu son implication sur le sujet afin de contribuer à une meilleure appropriation et restitution des mesures de radioactivité effectuées par les différents acteurs (exploitants, SDIS, IRSN…). Ces travaux ont abouti en 2009 à un guide d’élaboration d’un programme directeur de mesures préparé par l’IRSN et présenté à l’ASND ainsi qu’à l’ASN. Ce document a été adressé à toutes les préfectures pour leur permettre de rédiger un programme directeur de mesures spécifique destiné à être annexé au plan particulier d’intervention. Les exercices permettent d’améliorer les procédures existantes : – les scénarios intègrent de plus en plus souvent une dimension sanitaire nécessitant la gestion de blessés, parfois contaminés, qu’il faut savoir prendre en charge et évacuer;
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