Rapport annuel de l'ASN 2008

60 La surveillance des expositions mérite un effort particulier dans le but de mieux identifier les catégories ou groupes de populations les plus exposés. L’intérêt est triple: cette connaissance doit permettre de mieux cibler les efforts de réduction des risques (optimisation), de disposer d’indicateurs fiables pour évaluer l’efficacité de la politique publique et de développer des enquêtes épidémiologiques pour mieux approcher le risque. Ainsi: –le bilan des doses reçues par les travailleurs en 2007, publié par l’IRSN, confirme la diminution du nombre de travailleurs surveillés dont la dose annuelle a dépassé 20mSv, ainsi que la diminution de la dose collective initiée à partir de 1996. Cependant, ce bilan ne prend pas en compte la dosimétrie interne et la dosimétrie des extrémités qui ne sont actuellement pas comptabilisées par l’IRSN. L’ASN, chargée d’organiser la veille permanente en radioprotection, reste particulièrement attentive au bon fonctionnement du système de surveillance des expositions mis en place par l’IRSN (SISERI) dans la mesure où les statistiques fournies constituent des indicateurs nationaux de premier ordre sur l’évolution de l’exposition des travailleurs et l’évaluation de l’efficacité des mesures prises par les exploitants pour l’application du principe d’optimisation; –l’exposition de la population française au radon demeure encore insuffisamment documentée puisque les estimations réalisées par l’IRSN en 1997 n’ont jamais été réactualisées et qu’elles ne prennent pas en compte les mesures réalisées depuis 1999 dans les lieux ouverts au public. La perspective d’une base de données nationale regroupant toutes les données disponibles, sous l’égide de la Direction générale de la santé, constituera pour l’ASN une étape nécessaire pour mieux appréhender le risque; – enfin, l’ASN souligne l’intérêt des travaux à venir dans le cadre de l’observatoire national de l’exposition des patients piloté par l’InVs et l’IRSN qui devrait bénéficier prochainement de la nouvelle nomenclature de l’assurance maladie et permettre ainsi de suivre une cohorte de 600000 patients pris en charge en secteur libéral pendant 20 ans. Les accidents et incidents de radiothérapie révélés à l’ASN en 2006 et 2007 soulignent la nécessité de mieux connaître les effets secondaires qui peuvent être associés au traitement, qu’ils soient d’origine incidentelle ou associés à la stratégie thérapeutique développée par le praticien. La mise en place du système de déclaration des événements indésirables graves par l’InVS, articulé avec le système de déclaration des événements en radioprotection mis en place par l’ASN, constituera un véritable progrès dès lors que ces effets pourront être analysés aux plans médical et scientifique. En complément des actions de réglementation et de contrôle qui lui sont confiées, l’ASN suit de façon attentive l’évolution des recherches et des connaissances dans le domaine de la santé et des rayonnements ionisants et de la doctrine internationale en matière de radioprotection. Plus précisément, en 2009, l’ASN: –procédera à une évaluation des programmes de recherche en cours dont les résultats pourraient avoir une incidence sur le système de radioprotection et sur son contrôle; –examinera les conclusions des expertises qu’elle a sollicitées sur la survenue de leucémies de l’enfant autour des installations nucléaires de base et sur l’impact environnemental des rejets de tritium. 4 PERSPECTIVES

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