Rapport annuel de l'ASN 2008

245 8 CHAPITRE LES SITUATIONS D’URGENCE RADIOLOGIQUE Le nombre et l’ampleur des exercices nationaux sont considérés comme importants en comparaison des pratiques à l’étranger. La mission internationale d’audit menée en 2006 (mission IRRS) a souligné l’importance de ce programme d’exercices. Il permet aux personnels de l’ASN et aux acteurs nationaux d’accumuler une connaissance et une expérience très riches pour gérer les situations d’urgence. Ces exercices sont également l’occasion de former les intervenants de terrain, de l’ordre de 300 personnes par exercice. 3⎮ 2 Évaluer pour s’améliorer Des réunions d’évaluation sont organisées immédiatement après chaque exercice dans chaque poste de commandement de crise. L’ASN veille, avec les autres acteurs des exercices de crise, à identifier les bonnes et mauvaises pratiques mises en relief lors des réunions de retour d’expérience afin d’améliorer l’organisation dans son ensemble. Ces mêmes réunions de retour d’expérience sont organisées pour exploiter les enseignements des situations réellement survenues. Ainsi, les situations réelles survenues en 2008 ont démontré l’importance de la communication en situation d’urgence en particulier pour informer suffisamment tôt le public et éviter la propagation de rumeurs qui pourraient entraîner un phénomène de panique dans la population. Les projets de protocoles internationaux ont été modifiés et visent à informer le plus tôt possible les Autorités étrangères. Dans certains cas, l’exploitant est appelé à diffuser directement l’information d’un incident aux Autorités étrangères. En outre, il est prévu que des critères d’alerte spécifiques soient diffusés aux associations de surveillance de la qualité de l’air. Les exercices ont notamment permis de faire évoluer les procédures et les doctrines. Ainsi, pour éviter l’exposition des intervenants chargés de réaliser la distribution de comprimés d’iode pendant la phase de rejet, les pouvoirs publics ont décidé d’assurer une distribution préventive de comprimés d’iode dans un rayon de 10 km autour des centrales nucléaires. En outre, pour tenir compte des accidents à cinétique rapide, qui ne laissent pas le temps nécessaire à l’intervention des pouvoirs publics, il a été décidé d’intégrer une phase réflexe dans les PPI conduisant à mettre à l’abri les populations en les alertant par un réseau de sirènes ou tout moyen d’alerte téléphonique. En 2007 et 2008, la mise en œuvre systématique des audioconférences décisionnelles a permis d’assurer une meilleure cohérence des actions de protection des travailleurs et des populations décidées par l’exploitant et les pouvoirs publics. L’organisation en situation d’urgence vise à prévenir, à informer et à protéger le public. Lors des exercices, il est apparu que le dispositif d’alerte des populations, par l’intermédiaire des sirènes déclenchées par les exploitants, ne permettait pas dans tous les cas de couvrir l’ensemble du périmètre d’intervention. Dans ces conditions, EDF a entrepris de compléter le système de sirènes existant par un système d’alerte téléphonique. Ce nouveau système complémentaire repose sur un automate d’appel vers les téléphones fixes des personnes concernées. Ce système expérimental a été testé à de nombreuses reprises lors des exercices nationaux réalisés au cours des années 2007 et 2008. Il sera progressivement mis en œuvre par tous les exploitants concernés. Les scénarios des exercices mettent généralement en œuvre une émission de radioactivité simulée à l’extérieur de l’installation accidentée. Ceci permet d’entraîner l’ensemble de l’organisation nationale, et plus particulièrement les services de secours locaux, aux risques et aux conséquences d’une contamination radioactive des populations, des habitats, des chaînes alimentaires et de Exercice inopiné En 2008, en liaison avec la préfecture des Bouches-du-Rhône, le ministère de l’Intérieur, le DSND, le SGDN, l’IRSN et Météo-France, l’ASN a réalisé pour la première fois un exercice inopiné impliquant l’ensemble de l’organisation nationale. Cet exercice s’est déroulé le mardi 2 décembre 2008 sur le site de Cadarache, de manière inopinée pour l’ensemble des acteurs. Des évaluateurs nationaux ont été positionnés sur l’ensemble des postes de commandement afin de contribuer à l’évaluation de cet exercice. L’exercice s’est globalement bien déroulé: déclenchement de l’alerte, montée en puissance et gréement des postes de commandement, engagement du PPI et échange d’informations. Des axes d’amélioration ont été dégagés sur la nécessité de mieux partager le diagnostic technique et de mieux connaître le rôle des acteurs.

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