Rapport annuel de l'ASN 2008

France, les rejets produits par l’industrie nucléaire ont un impact sanitaire extrêmement faible. 1⎮5 Les autres impacts des rejets 1⎮5 ⎮1 L’impact des rejets de substances chimiques des installations Les substances radioactives émises peuvent également avoir un impact sur l’environnement et la population lié à leurs caractéristiques chimiques. C’est le cas par exemple de l’uranium qui est un élément répertorié en toxicologie du fait de ses propriétés chimiques. Les installations nucléaires de base rejettent également des substances chimiques n’ayant pas de propriétés radiologiques, liées à leur utilisation dans les procédés industriels. L’ASN considère qu’en la matière, les INB doivent être réglementées de la même façon que les autres installations industrielles. La loi TSN permet désormais, par une approche intégrée mettant sur un même plan, les problématiques de sécurité, de radioprotection et la protection de l’environnement, de prendre pleinement en compte l’impact environnemental des rejets d’effluents chimiques. Cette approche intégrée est peu fréquente à l’étranger où les rejets chimiques sont souvent contrôlés par une autorité différente de celle en charge des questions radiologiques. L’ASN souhaite que les rejets des substances chimiques et leur impact sur les populations et l’environnement soient, de la même manière que pour les substances radioactives, les plus faibles possibles, d’une part par l’emploi des meilleures techniques disponibles et d’autre part par une démarche de progrès continu avec un réexamen périodique des conditions de fonctionnement et des valeurs limites de rejet. 1⎮5 ⎮2 L’impact des rejets thermiques des INB Certaines INB, notamment les centrales nucléaires exploitées par EDF et l’installation d’EURODIF sur le site de 162 La toxicité chimique et radiologique de l’uranium L’uranium est un métal, présent naturellement dans l’environnement, de symbole chimique U. On le trouve en quantités variables dans les roches, l’eau, l’air, les plantes, les animaux et les êtres humains. Il y a par exemple 1 à 2 mg d’uranium par kg de sol, de l’ordre de quelques nanogrammes par litre à quelques microgrammes par litre d’uranium dans les eaux de surface et parfois beaucoup plus dans certaines eaux minérales, jusqu’à quelques dizaines de microgrammes par litre. L’uranium naturel se présente sous la forme d’un mélange de trois isotopes radioactifs: U-238 (99,3% en masse), U-235 (0,72%) et U-234(0,0055%). L’uranium 235 est le seul élément fissile naturel. Cette propriété est utilisée par les centrales nucléaires pour produire de l’énergie. La toxicité de l’uranium est liée à ses caractéristiques chimiques et radiologiques. L’uranium présente une toxicité chimique comparable à celle d’autres métaux lourds. La toxicité chimique est prépondérante pour de l’uranium dont l’enrichissement en U-235 est inférieur à 7%. Bien que l’ensemble de l’organisme semble pouvoir être touché par la toxicité de l’uranium, les reins sont le siège d’effets délétères prédominants. L’OMS recommande une valeur guide de 15 μg/l pour les eaux de boisson, recommandation fondée sur la toxicité chimique de l’uranium et non sur sa toxicité radiologique. La toxicité radiologique de l’uranium est liée à la composition isotopique du composé et à son activité spécifique. Les doses efficaces engagées consécutives à l’ingestion d’un gramme d’uranium de différentes compositions sont les suivantes: – uranium naturel: 1,18 mSv – uranium enrichi à 3,5% en U-235: 4,1 mSv Pour un gramme d’uranium ingéré, la concentration dans le rein est de 3,7 μg/g et la dose équivalente engagée dans cet organe est de 6,8 mSv. Le risque radiologique correspondant reste faible comparé au risque de voir apparaître une toxicité rénale aiguë. Source: Note d’information IRSN

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