Rapport annuel de l'ASN 2007

Depuis, plusieurs types de cancers ont été observés en milieu professionnel, dont les leucémies, les cancers broncho-pulmonaires primitifs par inhalation de radon et les sarcomes osseux; hors du domaine professionnel, le suivi d’une cohorte d’environ 85000 personnes irradiées à Hiroshima et Nagasaki a permis de faire le point sur l’induction et la mortalité par cancer après exposition aux rayonnements ionisants. D’autres travaux épidémiologiques, en radiothérapie notamment, ont permis de mettre en évidence chez les patients traités par radiothérapie une augmentation statistiquement significative des cancers secondaires imputables aux rayonnements ionisants. Citons également l’accident de Tchernobyl qui, du fait des iodes radioactifs rejetés, a provoqué dans les régions proches du lieu de l’accident un excès de cancers de la thyroïde de l’enfant. L’apparition des effets cancérogènes n’est pas liée à un seuil de dose, et seule une probabilité d’apparition peut être énoncée pour un individu donné. C’est le cas de la survenue des cancers radio induits. On parle alors d’effets probabilistes, stochastiques ou aléatoires. Établis au plan international, les objectifs sanitaires de la radioprotection visent à éviter l’apparition des effets déterministes, mais aussi à réduire les probabilités d’apparition de cancers radio induits. 1⎮ 2 L’évaluation des risques liés aux rayonnements ionisants La surveillance des cancers en France métropolitaine est organisée autour de registres: 10 registres départementaux qualifiés couvrant 11 départements soit environ 15% de la population générale et 12 registres spécialisés dont 2 registres nationaux des cancers de l’enfant de moins de 15 ans (hémopathies malignes et tumeurs solides de l’enfant). L’objectif est, comme pour tout système de surveillance, de mettre en évidence des différences spatiales d’incidence dans les zones couvertes et de dégager les tendances en termes d’augmentation ou de diminution d’incidence des différentes localisations cancéreuses au cours du temps ou encore de repérer un agrégat de cas dans une zone couverte. À vocation descriptive, ce mode de surveillance ne permet pas d’identifier les cancers radio induits, leur forme n’étant pas spécifique des rayonnements ionisants. L’investigation épidémiologique est une tâche complémentaire de la surveillance. Les enquêtes épidémiologiques ont vocation à mettre en évidence une association entre un facteur de risque et la survenue d’une maladie, entre une cause possible et un effet, ou tout au moins à permettre d’affirmer qu’une telle relation causale avec une très forte probabilité existe. On retiendra cependant la difficulté à mener ces enquêtes ou à conclure de façon convaincante lorsque le délai d’apparition de la maladie est long ou encore lorsque le nombre de cas attendus est faible, ce qui caractérise les expositions aux rayonnements ionisants inférieures à 100 mSv. Ainsi, les études épidémiologiques n’ont pu mettre en évidence des pathologies liées aux rayonnements ionisants que pour des doses de rayonnements relativement élevées, avec des débits de dose élevés (exemple: suivi des populations exposées lors des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki). Dans une optique de gestion du risque, il est alors fait appel à la technique de l’évaluation des risques qui, au moyen de calculs, permet, en extrapolant les risques observés aux plus fortes doses, d’estimer les risques encourus lors d’une exposition aux faibles doses de rayonnements ionisants. Pour ces estimations, a été adoptée sur le plan international l’hypothèse prudente d’une relation linéaire sans seuil entre l’exposition et le nombre de décès par cancer. Ainsi, une estimation du nombre de cancers attribuables aux expositions aux rayonnements ionisants peut être calculée, en utilisant une extrapolation linéaire sans seuil de la relation observée à des doses élevées. La légitimité de ces estimations reste cependant controversée au niveau scientifique. Sur la base des travaux scientifiques de l’UNSCEAR, la Commission internationale de protection radiologique 42 Couverture d’un registre du cancer (InVS)

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