nement. Les premières actions de protection sont généralement prises sur la base d’estimations et de calculs très conservatifs. Cependant, à plus long terme, les mesures de la radioactivité autour de l’installation sont cruciales pour élaborer la réaction des pouvoirs publics face aux événements. Le retour d’expérience des exercices a montré que les résultats des mesures arrivaient avec des délais importants auprès des experts et des décideurs. Face à ce constat, les acteurs nationaux ont travaillé sur l’amélioration de l’organisation et sur les procédures. Le cadre de cette réflexion a donné naissance à la directive interministérielle du 29 novembre 2005 précitée. Cette directive doit désormais être déclinée dans les plans de secours, aux fins d’établir des programmes locaux de mesures adaptés aux installations. Chaque installation nucléaire doit participer à un exercice de crise national tous les trois ans impliquant l’ensemble de l’organisation nationale de crise. Il a été constaté que les différentes préfectures impliquées dans ces exercices sont en progrès constant. Afin de ne pas enrayer cette amélioration continuelle, les scénarios des exercices sont plus complexes et intègrent de plus en plus de paramètres et d’acteurs. Les exercices permettent aussi d’améliorer les procédures existantes: –les scénarios intègrent de plus en plus souvent une dimension sanitaire nécessitant la gestion de blessés, parfois contaminés, qu’il faut savoir prendre en charge et évacuer dans un environnement menacé ou dangereux; –les différents PC de crise ont intégré dans leurs procédures, des audioconférences communes dès que nécessaire afin d’améliorer la compréhension de situations parfois complexes. Le retour d’expérience des exercices de crise met aussi en lumière des actions ou des procédures qui doivent être améliorées. L’ensemble des acteurs intègre ces éléments et recherche activement des solutions. En ce sens, l’ASN rassemble l’ensemble des acteurs deux fois par an pour tirer le bilan des bonnes pratiques mais aussi pour identifier les axes d’amélioration. 3 4 La gestion de la crise nucléaire De même que dans les autres domaines de la sûreté nucléaire, il est nécessaire de faire évoluer l’organisation de crise en fonction de l’expérience acquise. Les principales sources d’expérience en France sont les exercices et les échanges avec les pays étrangers, ainsi que certains événements marquants en France ou à l’étranger (accident de Tokai-Mura le 30 septembre 1999). 3 4 1 Les mesures de protection des populations En cas d’accident nucléaire, il est convenu de distinguer la phase de menace, la phase d’urgence et la phase post-accidentelle. Les mesures de protection de la population prennent en compte notamment l’importance et la cinétique de l’événement. •phase de menace: période liée à un événement précédant une éventuelle émission de matière radioactive durant laquelle des actions peuvent être engagées à titre préventif; •phase d’urgence: phase caractérisée par une émission, durant laquelle des actions sont engagées, dans l’urgence de façon à limiter les conséquences d’un événement; •phase post-accidentelle: phase de traitement des conséquences de l’événement. Les actions de protection des populations qui peuvent être mises en œuvre durant la phase d’urgence sont décrites dans le plan de secours, PPI pour une INB. Les actions mises en œuvre visent à protéger les populations et éviter les affections attribuables à une exposition aux rayonnements ionisants et aux substances chimiques toxiques éventuellement présentes dans les rejets. 211 CHAPITRE LES SITUATIONS D’URGENCE RADIOLOGIQUE 8
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