Rapport annuel de l'ASN 2006

2 2 Les interventions en 2006 En 2006, l’ASN a été sollicitée via son numéro vert d’urgence radiologique, ses agents de permanence ou encore directement par les personnes en charge de dossiers, pour des événements du type déclenchements de portiques de détection (douanes, centres d’enfouissement technique), découverte de sources non identifiées à l’occasion d’inventaires (hôpital, lycée), écrasement d’une source radioactive (voir encadré), rumeur de propagation radioactive (voir encadré) ou encore vols de sources. Ces événements, s’ils n’engendraient pas de risque pour la santé, justifiaient des vérifications et des mesures de radioactivité. Écrasement d’un gammadensimètre à Douai (Nord) Le vendredi 20 janvier 2006 vers 12 h 30, l’ASN a été informée d’un incident sur un gammadensimètre utilisé sur le chantier du tramway, près de la gare de la ville de Douai. Un appareil servant à la mesure de densité des revêtements de chaussée, a été écrasé par un engin de chantier. Les CMIR sont intervenues en liaison avec l’ASN pour faire cesser tout danger. 198 Rumeur d’un nuage radioactif en Lorraine Le dimanche 18 juin 2006 au matin, une balise de mesure de la radioactivité de l’association Lorraine pour la qualité de l’air (ALQA), située au sud de Nancy, a détecté une élévation temporaire de la radioactivité ambiante (mesure du débit de dose de rayonnement gamma) légèrement supérieure aux variations habituellement observées dans la région. Indépendamment de ces mesures à Nancy, un exercice, destiné à prévenir les risques NRBC s’est déroulé à l’hôpital d’instruction des armées de Metz, le mardi 20 juin 2006. La mise en œuvre sur le terrain de moyens NRBC visibles et l’interprétation erronée de mesures de radioactivité, associée à la communication par les médias de l’événement de Nancy, ont conduit à faire naître une rumeur portant sur le passage d’un nuage radioactif. L’utilisation de téléphones portables a facilité la diffusion très rapide de cette rumeur à l’extérieur de l’hôpital jusqu’au Luxembourg. Des mesures de confinement spontané ont été observées pour certaines écoles de la ville de Metz voire même au-delà. La mesure de confinement a pu être relayée localement par certains élus ou pompiers sans qu’aucune consigne en ce sens n’ait été donnée par les pouvoirs publics. Informée après les premières mesures de confinement et alors que la rumeur s’était déjà largement propagée, la préfecture et les autorités nationales, dont l’ASN, ont mené les investigations pour identifier le phénomène et s’assurer de l’absence de radioactivité. Le Préfet de la Moselle a souligné ces points dans les différents interviews radiophoniques réalisés en fin de matinée. Le communiqué de presse de la Préfecture diffusé dès 14 heures ainsi que la conférence de presse organisée avec la participation des directeurs de l’hôpital militaire et de la DRIRE ont permis de confirmer le caractère infondé de la rumeur et d’y mettre fin. Il a été observé que face à la rumeur d’un risque, la population a pris l’initiative de prendre des mesures de confinement notamment au niveau des écoles. Parallèlement, les services publics ont fait l’objet de très nombreux appels. À titre d’exemple, il a ainsi été dénombré plus de 2500 appels entre 12 h et 14 h au numéro 18. Il a été très difficile pour les pouvoirs publics de communiquer sur cet événement en raison notamment d’une circulation très rapide de la rumeur, non fondée sur un plan technique, portée par l’inquiétude des personnes. Ces événements ont conduit l’ASN à préciser avec l’ALQA les modalités d’information des autorités en cas d’élévation des niveaux de radioactivité ambiante.

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