Rapport annuel de l'ASN 2006

94 La dose efficace permet la comparaison d’irradiations de natures différentes, tant en ce qui concerne la nature des rayonnements que le caractère global ou partiel des irradiations. En revanche, la dose efficace présente une première faiblesse: ne pas être une grandeur mesurable. Dans le cas des expositions externes, des grandeurs opérationnelles mesurables sont définies (équivalent de dose ambiant, équivalent de dose directionnel…) qui serviront au calcul de dose dans des volumes variables selon le caractère pénétrant ou non du rayonnement et selon les effets (dose à l’œil, dose à la peau). Le mode de calcul de la dose efficace présente également la faiblesse d’avoir varié au cours du temps avec les modifications attribuées par la CIPR aux coefficients wR et wT, susceptibles de révision à la suite du développement des connaissances. La comparaison de doses efficaces calculées à plusieurs années d’intervalle impose de connaître les valeurs des coefficients de pondération retenus dans les calculs à chacune des époques. Dans le cas de contamination interne due à un radionucléide de longue période, on utilise la dose engagée (dose équivalente engagée ou dose efficace engagée); elle exprime, au moment de la contamination, l’intégration de l’ensemble des doses aux tissus, jusqu’à l’élimination complète du radionucléide ou pendant 50 ans chez le travailleur et 70 ans chez l’enfant. Le calcul des doses efficaces engagées est effectué en utilisant les coefficients de dose de la directive 96/29/Euratom publiés en France par l’arrêté du 1er septembre 2003 définissant les modalités de calcul des doses efficaces et des doses équivalentes résultant de l’exposition des personnes aux rayonnements ionisants. Ces coefficients donnent, radionucléide par radionucléide, la dose efficace (en sieverts) engagée par unité d’activité incorporée exprimée en becquerels. Dose collective et homme.sievert Commentaire – Pour la CIPR, l’intérêt de la dose collective est de permettre l’optimisation des expositions au niveau collectif le plus bas possible, facteur de vigilance et de progrès pour la société entière, à l’exception du coût engendré qui n’a pas été pris en compte. Cette grandeur, peu utilisée en France, n’a pas été reprise dans la réglementation européenne et nationale. 2 Les incertitudes Les valeurs qui ont été reconnues pour les différents facteurs de pondération (wR et wT) ont fait l’objet d’un choix dans une plage de valeurs assez larges. Il s’agit d’approximations destinées à donner un outil pour la gestion des risques. Les wR sont issus des mesures physiques décrivant la densité d’ionisation par unité de volume, grandeur variant avec l’énergie résiduelle au cours de la trajectoire. Sont donc prises en considération, pour le choix d’une seule valeur pour un rayonnement donné, les observations biologiques directes comparant les effets de ce rayonnement avec ceux d’un rayonnement de référence. Or, selon le niveau de dose et les effets biologiques considérés, l’efficacité biologique relative (EBR) peut varier dans de grandes proportions. Les wT ont été également choisis dans un souci de compromis et de simplification. Quelques valeurs numériques seulement les caractérisent. Certaines ont une fondement scientifique discutable. Ainsi, la valeur de 0,2 pour les gonades suppose l’existence d’effets génétiques qui n’ont pas été observés et les données de l’expérimentation animale utilisées sont sans doute très surévaluées. Enfin, la répartition du risque entre les différents organes résulte essentiellement des observations épidémiologiques de Hiroshima et Nagasaki et on ne sait pas exactement sur quelle base il convient de transposer ces risques dans un groupe humain dont les habitudes de vie diffèrent notablement. La dose collective pour une population donnée ou un groupe est la somme des doses individuelles dans une population donnée; elle est obtenue par la formule: S = ∑Hi Pi Hi est la moyenne des doses globales ou des doses à un organe donné sur les Pi membres du ième sous-groupede la population ou du groupe. L’unité de dose collective est l’homme.sievert.

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